Lisez La Science

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Parler de livres de science pour donner envie de les lire

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LisezLaScience est un podcast dédié aux livres de science. L’idée de ce podcast est de faire des revues de livres scientifiques ou traitant de sujets scientifiques. L’objectif est d’en donner un aperçu qui vise à donner envie de pousser la découverte et de les lire !

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LisezLaScience - 14 - Interview d'Anna Alter auteur de "De quels atomes sommes-nous faits ?"

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De quels atomes sommes nous faits? - A. Alter, É. Klein et T. Portal - éditions Le Pommier
De quels atomes sommes nous faits? - A. Alter, É. Klein et T. Portal - éditions Le Pommier

Aujourd'hui, épisode un peu spécial car il s'agit d'une interview : celle d'Anna Alter, l'auteur du livre "De quels atomes sommes-nous faits ?" qu'elle a co-écrit avec Étienne Klein" aux éditions Le Pommier.

Anna Alter - crédit hachette livre - http://goo.gl/rpzfN2
Anna Alter - crédit hachette livre - http://goo.gl/rpzfN2

Et si vous êtes intéressés pour en savoir plus à propos de ce livre, rendez-vous sur les deux liens suivants :

Enfin, merci aux éditions Le Pommier d'avoir permis la réalisation de cette interview !

Les références des livres évoqués

  • De quels atomes sommes nous faits ? D'Anna Alter
    • ISBN : 274650863X (ISBN13 : 978-2746508637)
    • Auteur : Anna Alter, Étienne Klein; Illustration Thanh Portal
    • Nombre de pages : 48 pages
    • Date de parution : 05/03/2015 chez Le Pommier
    • Prix : 13,90€ chez Amazon et la Fnac


Vous pouvez enfin retrouver l’ensemble des livres cités sur la liste goodreads associée à ce podcast sur le compte de LisezLaScience. Les livres seront placés sur des “étagères” spécifiques par épisode et ceux de celui-ci sont sur l’étagère “lls-14” : https://www.goodreads.com/review/list/30797714-lisezlascience?shelf=lls-14

Disclaimer

Comme les plus assidus d'entre vous ont pu le remarquer, cet épisode n'est pas consacré au livre "Denialism: How Irrational Thinking Harms the Planet and Threatens Our Lives" de Michael Specter. Ne vous inquiétez pas, je n'ai pas oublié ! Mais j'ai quelques interviews dont je voudrais vous faire profiter et il est possible qu'elles arrivent avant l'épisode sur ce livre !

D’ici là à bientôt à toutes et à tous.

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LisezLaScience - HS-5 - Lyon Science - version complète

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Ça y est, l'enregistrement audio de l'évènement Lyon Science est en fin disponible ! Un grand bravo à la team de Podcastscience pour le travail accompli sur l'enregistrement et son montage.

Si vous souhaitez écouter seulement l'intervention de Lisez La Science lors de Lyon Science : rendez-vous sur l'épisode précédent, par contre, pour la version complète de tout l'évènement, vous êtes au bon endroit!
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Quand on s’intéresse à la science, avoir des ouvrages de référence est toujours intéressant, soit pour y découvrir un sujet qui nous intéresserait, soit pour y trouver les sources nécessaires quand on a des interrogations. Afin de remplir ce vide, LisezLaScience se propose de vous fournir régulièrement des idées de livres à lire et cette fois, ils tenteront d’aborder des sujets qui sont encrés dans la vie scientifique lyonnaise : physique des particules, alterscience ou encore mathématiques.

Ce Hors-série correspond à l'intervention donnée dans le cadre de l'évènement Lyon Science qui s'est déroulé à Lyon le 21 mars 2015. Vous pouvez la retrouver sur le site de Lyon Science à l'adresse suivante : http://www.lyon-science.fr/david-loureiro-quelques-livres-pour-decouvrir-la-science/

Vu les thèmes que j’ai sélectionné, certains d’entre vous pourraient se demander quel peut bien être le lien entre eux et Lyon ?

Commençons par la physique des particules ? Lyon ne dispose pas d’accélérateur et ce qui le plus approchant peut-être trouvé à Grenoble, voire pour le plus grand du monde, le LHC, à Genève. Quel peut bien être le lien avec Lyon ?Et bien à Lyon et même Villeurbanne plus précisément se trouve le Centre de Calcul de l’IN2P3 : Institut National de Physique Nucléaire et de Physique des Particules. Ce centre est celui qui detenait les informations issues des détecteurs qui ont servi de base à la découverte du boson de higgs ! Et oui, rien que ça ! C’est pour vous parler de l’histoire de cette découverte que je voudrais vous parler du livre : À la recherche du boson de Higgs !

À la recherche du boson de Higgs

À la recherche du boson de Higgs - Librio À la recherche du boson de Higgs - Christophe Grojean et Laurent Vacavant - crédit : Librio

Ce livre, paru en 2013 chez Librio, a été écrit par Christophe Grojean, physicien des particules de l’institut de physique des hautes énergies de Barcelone et Laurent Vacavant, chercheur en physique des particules travaillant sur l’expérience Atlas du LHC.


Dans ce ouvrage, somme toute relativement court car il fait moins de 100 pages, les auteurs vont partir de la base : qu’est-ce qu’une particule ? Qu’est-ce que la mécanique quantique ? Quelles sont les particules élémentaires dont tout est composé ? Quelles sont les forces fondamentales ? Etc. Grâce à ces explications claires et concises, sur ce que l’on appelle le modèle standard, on en vient à comprendre ce qu’est réellement le boson de Higgs et en quoi il participe à une partie de la masse des particules.


Une fois la théorie posée, les chercheurs nous emmènent dans la découverte de cette aventure scientifique qui amena à la construction de la plus grande machine jamais construite par l’Homme : le LHC. On apprend ainsi la vie de ses prédécesseurs, leurs participations à la découverte d’autres bosons (ces particules qui comme le photons servent d’intermédiaire pour les forces fondamentales), sa construction mouvementée, son fonctionnement ainsi que ses premiers tours de chauffe jusqu’à la consécration en 2012.


Un livre qui, si l’on s’intéresse à cette épopée scientifique grandiose de la physique des particules de ces trente dernières années, vous fera découvre avec émerveillement ses tenants et aboutissants d’une manière simple et agréable!

Alterscience, postures, dogmes, idéologies

Alterscience - Alexandre Moatti - crédit : Odile Jacob Alterscience - Alexandre Moatti - crédit : Odile Jacob

Alterscience, un mot qui est compréhensible et en même temps étrange : il s’agit de la science altérée, de la science qui un jour a fait un pas de côté pour sortir des sentiers et se retrouver à naviguer dans des eaux parfois pas très claires. Ok, mais quel est le lien avec Lyon ? Et bien parce que Lyon fut le berceau d’Auguste Lumière. Mais quel est le lien me direz vous ? Et bien outre les accointances que les frères eurent pendant la seconde guerre, avec les fascistes et le régime de Vichy, Auguste, dans sa folie médicale (il fut l’un des développeur des plaques phtoographiques pour la radiologie pendant la guerre) se battit contre les scientifiques ayant découvert le bacille de la tuberculose.  Selon lui, la maladie était  plutôt liée à des de problème de moeurs de la femme d’un couple …


Pour en revenir au livre : Alterscience est un ouvrage écrit par Alexandre Moatti et paru en 2013 chez Odile Jacob.  Tout au long de ses 315 pages, l’auteur nous parle de ces scientifiques ou ingénieurs, issus des plus grandes écoles, qui un jour décident de remettre en cause des théories scientifiques, ou des découvertes pourtant éprouvés et testés expérimentalement. Tout y passe : relativité générale, théorie de l’évolution, mécanique quantique, etc. On découvre aussi d’authentiques falsificateurs comme ces deux “scientifiques”, avec de gros guillements, qui ont fait croire aux ingénieurs d’ELF qu’ils avaient découvert une nouvelle particule, l’aldino, pour détecter des champs de pétrole grâce aux fameux avions renifleurs. On découvre enfin tout un tas de théories farfelues : les rayons N, l’énergie livre, la synergétique de Vallée, etc.


On se retrouve ainsi plongés dans les soubassements de la science, dans ces recoins un peu trop obscures pour que ce qui en ressorte puisse avoir de la valeur à la lumière de la vérité. Cependant on se sent fasciné par ces scientifiques, a essayé de comprendre comment ils ont pu faire fausse route ...


Si vous souhaitez en savoir plus sur le livre, son contenu et son auteur, je ne saurais trop que vous recommander l’écoute de l’épisode #146 de Podcastscience pendant lequel Alexandre Moatti a été interviewé.

Vous avez dit Maths ?

Vous avez dit Maths ? - Robin Jamet - crédit : Dunod Vous avez dit Maths ? - Robin Jamet - crédit : Dunod

Pour finir en beauté je vous propose un livre dont le thème parlera à certains des occupants de cet établissement de qualité qu’est l’ENS : j’entends par là “Vous avez dit Maths?” de Robin Jamet. Et oui, le Robin Jamet de Podcastscience. Comme quoi, même quand il n’est pas là, on parle quand même de lui.


Pourquoi suis-je en train de dire que ce livre pourrait intéressant des personnes à proximité, et bien c’est parce que le quatrième étage de l’ENS Lyon, juste à côté de nous, est occupé par un laboratoire de mathématique et que l’un des plus fameux médaillé Fields français, Cédric Villani, a été membre de ce Laboratoire. Il a d’ailleurs peut-être été assis à votre place. Il a foulé les pavés que vous avez parcouru pour venir ici, et il a possiblement sali sa belle lavalière avec le ketchup d’un sandwich qu’il aurait acheté à deux pas d’ici.


“Vous avez dit Maths” est un livre grâce auxquels on apprend des choses que l’on n’imaginait pas : comment faire de la géométrie juste avec des pliages; comment faire peur à ses proches en restant béats devant le carrelage de sa salle de bain; comment se la pêter en société parce que l’on sait à quoi correspondent ces formats absconds que sont le A1, A2, A3 ou A4, (et là nous disons tous “21x29,7 cm” comme un mantra magique appris pendant les heures d’art plastique au collège). Un livre facile à lire, grandement illustré et qui sera un excellent divertissement, même pour ceux qui peuvent rebutés par les maths.


Enfin, si vous êtes, comme moi, un fervent auditeur de Podcastscience, vous vous retrouverez à sourire bêtement en lisant des passages car ceux-ci vous rappellent des épisodes du podcast : pavages, nombres premiers, ponts de Konigsberg, et autres sujets passionnants. Et preuve s’il en est que Robin sait ordonné ses idées, et les mettre au propre, le propos est ici très clair, ordonné et un grand plaisir à lire !


Comme d’habitude, vous pourrez retrouver l’ensemble des livres sur le compte goodreads de LisezLaScience. Ceux-ci seront placés sur une étagère spécifique et celle pour aujourd’hui sera LLS-HS5 : https://www.goodreads.com/review/list/30797714-lisezlascience?shelf=lls-hs-5

Les références livresques

Vous avez dit maths?


  • ISBN : 2100707078 (ISBN13: 9782100707072)

  • Auteur : Robin Jamet

  • Nombre de pages : 176 pages

  • Date de parution : 08/10/2014 chez Dunod

  • Prix : 14,90 € chez Amazon ou chez la Fnac


À la recherche du Boson de Higgs

  • ISBN : 2290054003 (ISBN13 : 978-2290054000)

  • Auteur : Christophe Grosjean et Laurent Vacavant

  • Nombre de pages : 95 pages

  • Date de parution : 05/04/2013 chez J’ai Lu

  • Prix : 3,00 € chez Amazon et à la Fnac


Alterscience. Postures, Dogmes, Idéologies

  • ISBN : 2738128874 (ISBN13 : 9782738128874)

  • Auteur : Alexandre Moatti

  • Nombre de pages : 336 pages

  • Date de parution : 17/01/2013 chez Odile Jacob

  • Prix : 23,90 € chez Amazon ou la Fnac


 

 

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LisezLaScience - HS-5 - Lyon Science

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Ça y est, l'enregistrement audio de l'évènement Lyon Science est en fin disponible ! Un grand bravo à la team de Podcastscience pour le travail accompli sur l'enregistrement et son montage.

Si vous souhaitez écouter seulement l'intervention de Lisez La Science lors de Lyon Science : vous êtes sur le bon épisode, et pour la version complète de tout l'évènement, rendez-vous sur l'épisode suivant.
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Quand on s’intéresse à la science, avoir des ouvrages de référence est toujours intéressant, soit pour y découvrir un sujet qui nous intéresserait, soit pour y trouver les sources nécessaires quand on a des interrogations. Afin de remplir ce vide, LisezLaScience se propose de vous fournir régulièrement des idées de livres à lire et cette fois, ils tenteront d’aborder des sujets qui sont encrés dans la vie scientifique lyonnaise : physique des particules, alterscience ou encore mathématiques.

Ce Hors-série correspond à l'intervention donnée dans le cadre de l'évènement Lyon Science qui s'est déroulé à Lyon le 21 mars 2015. Vous pouvez la retrouver sur le site de Lyon Science à l'adresse suivante : http://www.lyon-science.fr/david-loureiro-quelques-livres-pour-decouvrir-la-science/

Vu les thèmes que j’ai sélectionné, certains d’entre vous pourraient se demander quel peut bien être le lien entre eux et Lyon ?

Commençons par la physique des particules ? Lyon ne dispose pas d’accélérateur et ce qui le plus approchant peut-être trouvé à Grenoble, voire pour le plus grand du monde, le LHC, à Genève. Quel peut bien être le lien avec Lyon ?Et bien à Lyon et même Villeurbanne plus précisément se trouve le Centre de Calcul de l’IN2P3 : Institut National de Physique Nucléaire et de Physique des Particules. Ce centre est celui qui detenait les informations issues des détecteurs qui ont servi de base à la découverte du boson de higgs ! Et oui, rien que ça ! C’est pour vous parler de l’histoire de cette découverte que je voudrais vous parler du livre : À la recherche du boson de Higgs !

À la recherche du boson de Higgs

À la recherche du boson de Higgs - Librio À la recherche du boson de Higgs - Christophe Grojean et Laurent Vacavant - crédit : Librio

Ce livre, paru en 2013 chez Librio, a été écrit par Christophe Grojean, physicien des particules de l’institut de physique des hautes énergies de Barcelone et Laurent Vacavant, chercheur en physique des particules travaillant sur l’expérience Atlas du LHC.


Dans ce ouvrage, somme toute relativement court car il fait moins de 100 pages, les auteurs vont partir de la base : qu’est-ce qu’une particule ? Qu’est-ce que la mécanique quantique ? Quelles sont les particules élémentaires dont tout est composé ? Quelles sont les forces fondamentales ? Etc. Grâce à ces explications claires et concises, sur ce que l’on appelle le modèle standard, on en vient à comprendre ce qu’est réellement le boson de Higgs et en quoi il participe à une partie de la masse des particules.


Une fois la théorie posée, les chercheurs nous emmènent dans la découverte de cette aventure scientifique qui amena à la construction de la plus grande machine jamais construite par l’Homme : le LHC. On apprend ainsi la vie de ses prédécesseurs, leurs participations à la découverte d’autres bosons (ces particules qui comme le photons servent d’intermédiaire pour les forces fondamentales), sa construction mouvementée, son fonctionnement ainsi que ses premiers tours de chauffe jusqu’à la consécration en 2012.


Un livre qui, si l’on s’intéresse à cette épopée scientifique grandiose de la physique des particules de ces trente dernières années, vous fera découvre avec émerveillement ses tenants et aboutissants d’une manière simple et agréable!

Alterscience, postures, dogmes, idéologies

Alterscience - Alexandre Moatti - crédit : Odile Jacob Alterscience - Alexandre Moatti - crédit : Odile Jacob

Alterscience, un mot qui est compréhensible et en même temps étrange : il s’agit de la science altérée, de la science qui un jour a fait un pas de côté pour sortir des sentiers et se retrouver à naviguer dans des eaux parfois pas très claires. Ok, mais quel est le lien avec Lyon ? Et bien parce que Lyon fut le berceau d’Auguste Lumière. Mais quel est le lien me direz vous ? Et bien outre les accointances que les frères eurent pendant la seconde guerre, avec les fascistes et le régime de Vichy, Auguste, dans sa folie médicale (il fut l’un des développeur des plaques phtoographiques pour la radiologie pendant la guerre) se battit contre les scientifiques ayant découvert le bacille de la tuberculose.  Selon lui, la maladie était  plutôt liée à des de problème de moeurs de la femme d’un couple …


Pour en revenir au livre : Alterscience est un ouvrage écrit par Alexandre Moatti et paru en 2013 chez Odile Jacob.  Tout au long de ses 315 pages, l’auteur nous parle de ces scientifiques ou ingénieurs, issus des plus grandes écoles, qui un jour décident de remettre en cause des théories scientifiques, ou des découvertes pourtant éprouvés et testés expérimentalement. Tout y passe : relativité générale, théorie de l’évolution, mécanique quantique, etc. On découvre aussi d’authentiques falsificateurs comme ces deux “scientifiques”, avec de gros guillements, qui ont fait croire aux ingénieurs d’ELF qu’ils avaient découvert une nouvelle particule, l’aldino, pour détecter des champs de pétrole grâce aux fameux avions renifleurs. On découvre enfin tout un tas de théories farfelues : les rayons N, l’énergie livre, la synergétique de Vallée, etc.


On se retrouve ainsi plongés dans les soubassements de la science, dans ces recoins un peu trop obscures pour que ce qui en ressorte puisse avoir de la valeur à la lumière de la vérité. Cependant on se sent fasciné par ces scientifiques, a essayé de comprendre comment ils ont pu faire fausse route ...


Si vous souhaitez en savoir plus sur le livre, son contenu et son auteur, je ne saurais trop que vous recommander l’écoute de l’épisode #146 de Podcastscience pendant lequel Alexandre Moatti a été interviewé.

Vous avez dit Maths ?

Vous avez dit Maths ? - Robin Jamet - crédit : Dunod Vous avez dit Maths ? - Robin Jamet - crédit : Dunod

Pour finir en beauté je vous propose un livre dont le thème parlera à certains des occupants de cet établissement de qualité qu’est l’ENS : j’entends par là “Vous avez dit Maths?” de Robin Jamet. Et oui, le Robin Jamet de Podcastscience. Comme quoi, même quand il n’est pas là, on parle quand même de lui.


Pourquoi suis-je en train de dire que ce livre pourrait intéressant des personnes à proximité, et bien c’est parce que le quatrième étage de l’ENS Lyon, juste à côté de nous, est occupé par un laboratoire de mathématique et que l’un des plus fameux médaillé Fields français, Cédric Villani, a été membre de ce Laboratoire. Il a d’ailleurs peut-être été assis à votre place. Il a foulé les pavés que vous avez parcouru pour venir ici, et il a possiblement sali sa belle lavalière avec le ketchup d’un sandwich qu’il aurait acheté à deux pas d’ici.


“Vous avez dit Maths” est un livre grâce auxquels on apprend des choses que l’on n’imaginait pas : comment faire de la géométrie juste avec des pliages; comment faire peur à ses proches en restant béats devant le carrelage de sa salle de bain; comment se la pêter en société parce que l’on sait à quoi correspondent ces formats absconds que sont le A1, A2, A3 ou A4, (et là nous disons tous “21x29,7 cm” comme un mantra magique appris pendant les heures d’art plastique au collège). Un livre facile à lire, grandement illustré et qui sera un excellent divertissement, même pour ceux qui peuvent rebutés par les maths.


Enfin, si vous êtes, comme moi, un fervent auditeur de Podcastscience, vous vous retrouverez à sourire bêtement en lisant des passages car ceux-ci vous rappellent des épisodes du podcast : pavages, nombres premiers, ponts de Konigsberg, et autres sujets passionnants. Et preuve s’il en est que Robin sait ordonné ses idées, et les mettre au propre, le propos est ici très clair, ordonné et un grand plaisir à lire !


Comme d’habitude, vous pourrez retrouver l’ensemble des livres sur le compte goodreads de LisezLaScience. Ceux-ci seront placés sur une étagère spécifique et celle pour aujourd’hui sera LLS-HS5 : https://www.goodreads.com/review/list/30797714-lisezlascience?shelf=lls-hs-5

Les références livresques

Vous avez dit maths?


  • ISBN : 2100707078 (ISBN13: 9782100707072)

  • Auteur : Robin Jamet

  • Nombre de pages : 176 pages

  • Date de parution : 08/10/2014 chez Dunod

  • Prix : 14,90 € chez Amazon ou chez la Fnac


À la recherche du Boson de Higgs

  • ISBN : 2290054003 (ISBN13 : 978-2290054000)

  • Auteur : Christophe Grosjean et Laurent Vacavant

  • Nombre de pages : 95 pages

  • Date de parution : 05/04/2013 chez J’ai Lu

  • Prix : 3,00 € chez Amazon et à la Fnac


Alterscience. Postures, Dogmes, Idéologies

  • ISBN : 2738128874 (ISBN13 : 9782738128874)

  • Auteur : Alexandre Moatti

  • Nombre de pages : 336 pages

  • Date de parution : 17/01/2013 chez Odile Jacob

  • Prix : 23,90 € chez Amazon ou la Fnac


 

 

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LisezLaScience - 13 - Une Histoire de Tout ou Presque de B. Bryson avec Sébastien Carassou

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Une Histoire de Tout ou Presque - Bill Bryson - crédit : Payot Une Histoire de Tout ou Presque - Bill Bryson - crédit : Payot

Aujourd'hui, épisode un peu spécial car je vais aborder le livre "Une Histoire de tout ou presque" en compagnie de Sébastien Carassou. Doctorant en astrophysique à l'Institut d'Astrophysique de Paris, auteur du blog "Le Sens of Wonder", un des principaux fondateurs du Collectif Conscience, et du compte Twitter En Direct Du Labo, il est plein d'initiatives aussi variées qu'intéressantes et partage avec moi le plaisir d'avoir lu ce livre de Bill Bryson.

Bill Bryon By TSP at en.wikipedia [GFDL (www.gnu.org/copyleft/fdl.html) or CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/)], from Wikimedia Commons Bill Bryon By TSP at en.wikipedia [GFDL (www.gnu.org/copyleft/fdl.html) or CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/)], from Wikimedia Commons

Nous vous parlerons ainsi de l'auteur, Bill Bryson, avant d'embrayer sur le contenu du livre et ensuite aborder un livre qui n'a rien à voir et un livre que Sébastien Carassou aimerait lire.

Les références des livres évoqués



  • Une Histoire de tout ou presque de Bill Bryson

    • ISBN : 2228906557 (ISBN13 : 978-2228906555)

    • Auteur : Bill Bryson

    • Nombre de pages : 654 pages

    • Date de parution : 11/05/2011 chez Payot

    • Prix : 10,65€ chez Amazon et la Fnac



  • La Zone du Dehors

    • ISBN : 2070464245 (ISBN13 : 978-2070464241)

    • Auteur : Alain Damasio

    • Nombre de pages : 656 pages

    • Date de parution : 05/03/2015 chez Folio

    • Prix : 10,90€ chez Amazon et à la Fnac



  • Consciousness Explained

    • ISBN : 0140128670 (ISBN13 : 978-0140128673)

    • Auteur : Daniel C. Denett

    • Nombre de pages : 528 pages

    • Date de parution : 24/06/1993 chez Penguin

    • Prix : 13,10€ chez Amazon et à la Fnac




Vous pouvez enfin retrouver l’ensemble des livres cités sur la liste goodreads associée à ce podcast sur le compte de LisezLaScience. Les livres seront placés sur des “étagères” spécifiques par épisode et ceux de celui-ci sont sur l’étagère “lls-13” : https://www.goodreads.com/review/list/30797714-lisezlascience?shelf=lls-12

Prochain épisode


Suite au sondage qui a été proposé sur le site, le livre qui a remporté le plus de suffrages, et qui va donc être le sujet prochain épisode est : "Denialism: How Irrational Thinking Harms the Planet and Threatens Our Lives" de Michael Specter. On se retrouve donc le 27/04/2015 pour un nouvel épisode sur ce livre !

D’ici là à bientôt à toutes et à tous.

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LisezLaScience - 12 - Abominable Science ! Daniel Loxton et Donald Prothero avec Jean-Michel Abrassart de Scepticisme Scientifique

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Aujourd'hui, épisode un peu spécial car je vais aborder le livre "Abominable Science !" en compagnie Jean-Michel Abrassart, l'hôte du podcast "Scepticisme Scientifique". Son podcast que vous connaissez sûrement (sinon il est indispensable de l'écouter) a pour vocation d'aborder des sujets assez variés (ufologie, parapsychologie, contre-apologétique, scepticisme, etc) avec un regard sceptique et scientifique sur les questions que tout ces thèmes peuvent soulever.

Il m'a fait découvrir ce livre à travers son podcast et je ne voyais personne d'aussi pertinent que lui pour venir en parler avec moi !

Nous vous parlerons ainsi des auteurs, Daniel Loxton et Donald Prothero avant d'embrayer sur le contenu du livre et ensuite aborder un livre qui n'a rien à voir et un livre que Jean-Michel Abrassart aimerait lire.

Les références des livres évoqués



  • Abominable Science!: Origins of the Yeti, Nessie, and Other Famous Cryptids

    • ISBN : 0231153201 (ISBN13 : 9780231153201)

    • Auteur : Daniel Loxton et Donald R. Prothero

    • Nombre de pages : 411 pages

    • Date de parution : 06/08/2013 chez Columbia University Press

    • Prix : 26,14€ (version reliée) chez Amazon



  • The Hastur Cycle

    • ISBN : 1568820097 (ISBN13 : 9781568820095)

    • Auteur : Robert W. Chambers, Robert M. Price, H.P. Lovecraft

    • Nombre de pages : 304 pages

    • Date de parution : 01/12/1993 chez Chaosium

    • Prix : 16,92€ chez Amazon et 17,32€ à la Fnac



  • Philosophie de la religion

    • ISBN : 2711622827 (ISBN13 : 9782711622825)

    • Auteur : Cyrille Michon et Roger Pouivet

    • Nombre de pages : 384 pages

    • Date de parution : 01/07/2010 chez Vrin

    • Prix : 13,00€ chez Amazon et à la Fnac




Vous pouvez enfin retrouver l’ensemble des livres cités sur la liste goodreads associée à ce podcast sur le compte de LisezLaScience. Les livres seront placés sur des “étagères” spécifiques par épisode et ceux de celui-ci sont sur l’étagère “lls-12” : https://www.goodreads.com/review/list/30797714-lisezlascience?shelf=lls-12

Prochain épisode


On se retrouve le 12/04/2015 pour un nouvel épisode sur le livre "Une histoire de tout ou presque" de Bill Bryson.

D’ici là à bientôt à toutes et à tous.

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LisezLaScience - 11 - La Structure des Révolutions Scientifiques de Thomas S. Kuhn

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Lors du dernier épisode (non hors-série) de LisezLaScience, j’avais parlé du livre d’Étienne Klein “Le Temps (qui parle?)” où il tentait de répondre aux questions d’enfants sur le temps, la manière dont il s’écoule et celle avec laquelle il fuit entre les doigts, avec ce regard de physicien et philosophe spécialiste du sujet qu’on lui connait.

Comme l’explique Étienne Klein dans ses différents ouvrages, l’évolution de la conception du temps a accompagné la science, et ses révolutions, depuis que l’Homme s’intéresse au monde qui l’entoure. Ces révolutions, leur fonctionnement et leur structuration, ont été théorisées et Thomas Kuhn a apporté sa pierre à ces réflexions via son livre “La Structure Des Révolutions Scientifiques” dont nous allons parler aujourd’hui. L’auteur va ainsi aborder dans cet ouvrage comment ces révolutions scientifiques se sont construites et comment les paradigmes évoluent bien différemment de ce que l’on pourrait penser de prime abord.

La Structure des Révolutions Scientifiques - T.S. Kuhn - Champs Flammarion

Sommaire

  •      Quelques mots sur Thomas Kuhn
  •      Le livre “La Structure Des Révolutions Scientifiques”
  •      Un livre qui n’a rien à voir
  •      Un livre que j’aimerais lire
  •      Plugs

Un auteur

Thomas S. Kuhn - crédit goodreads

Thomas Kuhn est un philosophe des sciences américain du XXème siècle. Issu d’Harvard où il étudia la physique, il obtient son doctorat en 1949 et enseigna notamment l’histoire des sciences que ce fut à Harvard, à Berkeley ou encore à Princeton et au MIT.

Au cours de sa carrière il reçu diverses distinctions comme le prix Howard Behrman en 1977, la médaille Sarton (décernée par la History of Science Society) en 1982 ainsi que le prix de la Society for social Studies of Science en 1983.

Le livre pour lequel il reste le plus connu est “La Structure des Révolutions Scientifiques” qui fut écrit du temps où il était à Harvard en 1962.

Le propos que Thomas Kuhn défend dans cet ouvrage, et qui fut assurément ce pour quoi il est le plus connu, est celui de changement de paradigmes scientifiques qui est selon lui à la base des notions de révolution scientifique. Selon lui les domaines scientifiques n’évoluent pas d’une manière linéaire et continue, mais d’une manière discontinue. Les discontinuités seront ces fameux changements de paradigmes.

Ce concept de changement de paradigme a été tellement important pour l’histoire des sciences, qu’un prix nommé “Thomas Kuhn Paradigm Shift Award” a été créé. Ce prix vise à récompenser les scientifiques présentants des théories originales, et dont la nouveauté de point de vue pourraient avoir des impacts importants si ces théories étaient acceptées largement.

En dehors de “La structure des révolutions scientifiques”, voici quelques-uns des ouvrages les plus connus de Thomas Kuhn : “The Copernican Revolution: Planetary Astronomy in the Development of Western Thought” paru en 1957, “The Function of Measurement in Modern  Physical Science” paru en 1961, “The Essential Tension: Selected Studies in Scientific Tradition and Change” paru en 1977 ou encore “Black-Body Theory and the Quantum Discontinuity, 1894-1912” paru en 1978.

Un livre

Avant-propos

Ce livre, “La structure des révolutions scientifiques”, a été traduit en seize langues et vendu à plus d’un million d’exemplaires. Ce n’est pas rien quand même ! À vrai dire ce livre est même une référence pour un grand nombre de personne, notamment parce ce qu’il a remis en cause une vision de l’évolution de la science qui finalement ne collait pas à la réalité de son histoire en introduisant des concepts qui sont aujourd’hui des bases pour l’étude des sciences : théorie, paradigme, crise, révolution, etc.

Avant d’aborder le livre en lui-même je voulais aussi mentionner quelque chose qui est apparu lorsque j’ai fait quelques recherches sur la vie de Thomas Kuhn. Il semblerait, mais je ne suis pas un spécialiste du sujet et donc je mentionne cela pour rester complet sur la question, que les idées qu’il défend dans ses thèses sur la structure des révolutions scientifiques (pour paraphraser le titre du livre d’aujourd’hui) ou sur la manière dont les sciences sont construites, aient été proposées, avec un autre vocabulaire peut-être, par un certain Michael Polanyi, plusieurs années avant lui. Vous pouvez jeter un coup d’oeil sur la section dédiée de la page Wikipédia de Thomas Kuhn (en anglais) pour en savoir plus sur le sujet.

La revue

Thomas Kuhn va tout d’abord décrire dans l’introduction la problématique qui est, d’une certaine manière, sous-jacente au travail qu’il réalise à travers ce livre : certaines découvertes, certaines nouvelles théories posent problèmes aux historiens des sciences. En effet, elles ne s’inscrivent pas dans une évolution de la science par accumulation de découvertes, d’informations ou de précisions dans les expériences.

L’opinion de Thomas Kuhn est que la vision de la science, de ses concepts et de son évolution doit évoluer. Selon lui, les façons de la décrire jusqu’ici ne permettent pas de considérer de manière pertinente la jeunesse de nouvelles théories, la façon de considérer les expériences qui les font apparaître et les évènements qui les font remplacer les anciennes et devenir les standards pour les années suivantes.

Il faut bien noter que ce livre date des années soixante et que certains de ces concepts vous sont peut-être devenus familiers. Mais à l’époque ceci n’était pas le cas et le livre permet d’en prendre toute la mesure.

Pour structurer son propos, Thomas Kuhn commence tout d’abord par présenter la notion de science “normale”. Ceci lui permet ainsi de clarifier ce que l’on entend par là : le corpus de théories acceptées à l’instant présent et qui forment les modèles sur lesquels la science se base pour ses prédictions, auxquels adhèrent des groupes suffisamment grands pour former un consensus au sein de la communauté scientifique et définir des problèmes restants à résoudre, etc.

Arriver à cette science normale et établie n’est pas chose aisée, et Thomas Kuhn donne un grand nombre d’exemples pour expliquer qu’une jeune théorie est souvent accompagnée de nombreuses théories opposées desquelles elle va s’extraire. La théorie de l’électricité au XVIIIème siècle est un bon cas qui fait apparaître une variété assez grande de points de vue sur ce qu’était le phénomène avant que l’une d’entre elle ne fasse consensus et que les autres disparaissent, la plupart du temps, irrémédiablement.

Une fois établie de manière générale ce qu’il entend par “science normale” et la manière qu’elle a d’émerger, Thomas Kuhn déroule son raisonnement sur la manière dont les théories scientifiques se structurent avec notamment le concept, central pour lui, de paradigme. Ce paradigme va ainsi définir plusieurs choses: dans un premier temps “l’ensemble des principes et méthodes partagés par un groupe ou une communauté scientifique” (sic). Ce paradigme va aussi, et de manière plus générale, représenter des lois scientifiques, un ensemble d’expériences validant ce paradigme et structurant une certaine vision du monde, ainsi qu’un ensemble de croyances qui vont y être associées.

Une description un peu plus longue de la notion de paradigme peut d’ailleurs être retrouvée chez philosciences.com

De manière corollaire, un paradigme va définir un certain nombre d’expériences permettant de le mettre en évidence. À côté de celles-ci d’autres vont soulever des problèmes car elles ne pourront pas être intégrées à la théorie associée au paradigme. Ces expériences, seront potentiellement plus tard la graine qui amenera à l’apparition “d’anomalies et de découvertes scientifiques” comme le dit Kuhn. Il donne ainsi l’exemple de diverses expériences réalisées durant le XVIIIème siècle qui ont conduit à la découverte, au même moment et par plusieurs scientifiques en même temps, du fait que l’oxygène était un gaz qui ne collait pas avec la théorie chimique des gaz de l’époque, celle du phlogistique. Priestley et Lavoisier ont ainsi été les scientifiques à l’oeuvre pour amener un nouveau paradigme dans le domaine. Ces diverses découvertes, à partir du moment où elles sont admises vont remettre en cause le paradigme et faire naître une crise dans la science en question.

Des crises plus profondes peuvent aussi naître de changement plus massifs. Changements qui ne sont finalement que l’aboutissement de petites craquelures tout au long de l’existence du paradigme. Et à force d’accumulation, ces changements vont pousser à la création d’un nouveau paradigme basé sur une théorie structurellement différente. Le genre de paradigme que Kuhn cite pour illustrer son propos serait ceux des diverses théories de mécanique célestre de  Ptolémée, Galillé et ensuite Newton. L’apparition d’une crise résulte finalement d’une incapacité du paradigme “mourant” à permettre par exemple un certain niveau de précision dans les applications concrètes, la résolution de problèmes et la science expérimentale.

Selon Thomas Kuhn ce sont ces énigmes, érigées en tant que source de crise, qui permettent l’apparition de nouveaux paradigmes. Nées de problèmes rencontrés par le paradigme actuel, elles vont devenir des éléments centraux pour le nouveau paradigme entrant, malgré les ajouts ad hoc que les résistants de l’ancien paradigme seront amenés à tenter d’apporter pour le conserver.

C’est ce changement nécessaire de paradigme, perçu par une communauté toujours plus croissante, qui impose la mise en place d’un nouveau paradigme (ce fameux paradigm shift dont on peut parfois entendre parler) pour répondre aux problèmes, énigmes, etc qui sont posés, par l’environnement et les expériences, à l’ancien paradigme qui ne saurait y trouver des réponses. Il est bon de noter que l’on parle aussi de révolution, car c’est ce que l’on a aussi tendance à dire pour ce paradigme shift, lors que “une connaissance nouvelle remplace l’ignorance, au lieu de remplacer une connaissance différente et incompatible” pour citer Kuhn.

Un point que Kuhn ne cesse de répéter, et qui est central dans cette notion de changement de paradigme, c’est que “les différences entre paradigmes successifs sont nécessaires et irréconciliables”. Est-ce d’ailleurs à cause de ces différences fondamentales ou des nouveaux problèmes que le nouveau paradigme peut résoudre que ce shift se produit ? Toujours est-il que la vision du monde qui se trouve révélée change totalement. En effet, le prisme à travers nous étudions le monde, nous le classifions, se transforme et peut donner une image nouvelle. Les scientifiques ne voyaient que des trajectoires irrémédiables dans un temps et un espace fixes, et maintenant ceux-ci s’influent mutuellement de manière dynamique. L’atome n’est plus un système planétaire, mais un système dont les électrons ont des probabilités définies de se trouver à un endroit ou à un autre.

Un point qui pourrait être remonté par certains d’entre vous serait : il est ici question de révolution, mais elle nous semblait invisible : comment cela se fait-il ? De là d’ailleurs proviendrait peut-être, selon Kuhn, l’idée fausse que la science se serait construite de manière accumulative.

Comment cette invisibilité a-t-elle pu exister ? Selon Kuhn cela provient du fait que chaque paradigme produit, une fois la révolution intégrée, son corpus de manuels, de source d’informations sur les lois, le cadre, etc que le paradigme défini. Et les éléments associés toujours valables ou pertinent dans l’histoire des anciens paradigmes, ses scientifiques renommés et de référence, se retrouvent intégrés et cités dans les manuels des nouveaux paradigmes. L’Histoire de l’évolution de la science se trouvant souvent reléguée aux introductions et références obscures, se retrouve la plupart du temps réécrite à l’aune du nouveau paradigme en vigueur.

Pour finir Thomas Kuhn revient sur la manière dont il y a passage d’un paradigme à l’autre. Il lui semble complexe de dire que la “conversion” des scientifiques de l’un à l’autre se fasse de manière naturelle. Après tout, chacun des paradigmes, l’ancien et le nouveau, exprime une vision du monde différente, un ensemble de règles et de lois distinctes. Les scientifiques qui vont être des défenseurs de l’un ou de l’autre ne sauraient être convaincus par la logique de changer, car leurs arguments seraient exprimés dans leur propre système de référence. Selon Kuhn, seules les performances supérieures dans la résolution des problèmes d’un paradigme pourraient être une base pour permettre cette conversion. Et cependant ce n’est parfois d’ailleurs pas suffisant : la théorie copernicienne n’amenait par exemple pas une précision incommensurablent meilleure quand elle fut avancée. Il est souvent nécessaire de pouvoir, en plus, résoudre ou amener une lumière sur d’autres éléments qui n’étaient pas considérés par le paradigme précédent. Tout ceci sans parler de l’esthétique qui joue aussi un grand rôle dans l’acceptation des nouveaux paradigme.

En conclusion

Le livre de Thomas Kuhn, “La Structure des Révolutions Scientifiques” est un ouvrage qui fait référence sur la manière d’aborder les changements de paradigme dans les sciences. Même ce mot de paradigme est devenu maintenant un incontournable de la science quand il est question de résultat d’expérience ou de percée théorique amenant un regard (véritablement ou non) nouveau sur le champ étudié.

On pourra, à titre de dérive, citer la communication, limite marketing de marque de lessive, de certains média grands publics à vouloir parler de révolution pour tout et n’importe quoi. Mais il s’agit plus de cette fameuse dérive que d’une réalité du point de vue des chercheurs je pense.

Il est d’ailleurs étonnant de voir avec quelles précautions Thomas Kuhn débute son livre. Comme si il avait peur que son point de vue soit trop “révolutionnaire” et ne remette trop en cause le système de pensée de l’époque. Est-ce peut-être plutôt une grande humilité de sa part plutôt qu’une crainte de se voir rabrouer par la communauté scientifique de l’époque? Je ne saurais le dire ne connaissant pas assez le personnage.

La première partie du livre est un peu difficile à aborder. Il est vrai qu’il s’agit de la mise en place des termes et concepts de base. Mais ceci permet de fixer les bases des développements suivant et les exemples données, tout au long du livre, en font un objet de réflexions intenses sur la structure de la science. Ceci me fait d’ailleurs dire que, pouvoir comprendre la construction des concepts et des éléments sous-jacents qui ont amené les révolutions scientifiques, permet de mieux se figurer le fonctionnement de la science. Parfois, redonner du sens à ce qui est enseigner peut, peut-être, aider les étudiants à mieux comprendre et prendre du plaisir d'apprendre et faire la science.

En tout cas un livre que je recommande pour qui souhaite comprendre comment la science se construit et avance.

Un livre qui n’a rien à voir

Science in seconds - Hazel Muir - crédit : Quercus

Aujourd’hui, comme livre qui n’a rien à voir, je vous propose “Science minute” de Hazel Muir. Ce livre se place dans une collection de livres visant à fournir en deux pages (une de texte et une autre d’illustration du concept associé) de l’information sur un sujet en particulier. Celui-ci est sur la science en général et aborde divers thèmes : Géologie, Biologie, Physique des particules, etc. Dans cette collection on retrouve notamment “Mathématiques minute” de Paul Glendinning, “Philosophy in Minutes” de Marcus Weeks ou encore “Economics in Minutes” de Niall Kishtainy. C’est un petit livre (en taille), mais pas en nombre de page, et je trouve que c’est plutôt bien mené ! Cet objectif est plus difficilement réalisé dans “Mathématiques minutes” je trouve, où l’on se retrouve rapidement avec des concepts plutôt complexe à intégrer en peu de lignes. La spécifité du domaine considéré dans ce dernier est peut-être la raison première de cette différence. De mon côté j’ai lu la version anglaise, mais apparemment des traductions commencent à apparaître pour certains des livres. En tout cas, si vous lisez l’anglais (ou que vous achetez la version française) et que vous voulez avoir une description rapide des concepts scientifiques définis comme les plus importants par Hazel Muir, allez-y!

Un livre que j’aimerais lire

the Information: a history, a theory, a flood - Jeames Gleick - crédit : Vintage  

Aujourd’hui, le livre que j’aimerais lire est “The Information: A History, A Theory, A Flood” de James Gleick. Je vous ai déjà parlé de lui dans un précédent épisode à propos de son livre sur la théorie du Chaos et je suis un grand fan : cet homme-là est fantastique !

Ici il présente, en un ouvrage, ce qu’il est important de savoir sur la notion d’information, la théorie associée et la façon dont elle a structurée l’Homme avec un grand H. Au cours de ce livre il est censé aborder les divers femmes et hommes qui ont fait partie de cette histoire de l’information comme Ada Lovelace, Charles Babbage ou encore Claude Shannon.

J’ai eu la chance d’échanger par mail avec James Gleick et il m’a dit qu’une version française de ce livre devait sortir, mais je n’ai pas pu attendre et j’ai profité d’un voyage aux États-Unis pour l’acheter !

Plugs et liens évoqués

  • Si vous souhaitez en savoir plus sur Thomas Kuhn, je vous propose de jeter un coup d’oeil aux pages Wikipédia associées sur la version française : http://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Samuel_Kuhn et anglaise : http://en.wikipedia.org/wiki/Thomas_Kuhn
  • Lors de l’épisode #272 de Scepticisme Scientifique, Jean-Michel Abrassart a donné quelques références de lectures de psychologie anomalistique et de parapsychologie. Si ce sont des sujets qui vous intéressent, je vous conseille grandement son écoute : http://pangolia.com/blog/?p=1808
  • Lors de l’épisode #17 d’Anthropodcast, Jonathan Maitrot nous présente 7 livres sur l’anthropologie. Si il s’agit de l’un des sujets à propos duquel nous souhaiteriez avoir plus d’infos, je ne peux que vous enjoindre à aller l’écouter : http://www.anthropodcast.fr/livres-a-lire-en-anthropologie-pour-debuter/
  • Pour ceux qui ne suivraient que le podcast, vous pouvez aussi retrouver un billet sur le site à propos de Booklabpodcast ici : Découvrez des livres de science en anglais avec Booklabpodcast. Il s’agit d’un podcast en anglais mené par Dan Falk (auteur d’ouvrages variés comme The Science of Shakespeare ou Universe on a T-Shirt ou encore journaliste pour le New Scientist, le Globe, le Mail) et Amanda Gefter (elle écrit sur la physique, la cosmologie, comme dans Trespassing on Einstein’s Lawn et est une consultante pour le New Scientist ou encore Scientific American). C’est un podcast que m’a fait découvrir NicoTupe et pour ceux qui ne sont pas repoussés par l’anglais les épisodes sont de bonne qualité et on peut découvrir des livres de science qui ne sont pas (encore) abordés sur LisezLaScience! Pour avoir écouté tous les (4) épisodes, vous pouvez y aller les yeux fermés. Vous pouvez bien sûr suivre le podcast ainsi que ces deux co-créateurs sur les comptes twitter respectifs : @booklabpodcast  @danfalk et @amandagefter
  • Et n’oubliez pas, le 21/03 se déroulera l’évènement Lyon Science 2015 ! Ce sera un moment fun et décontracté où vous pourrez en apprendre beaucoup sur la science à la lyonnaise. Cela se déroulera sur Lyon en compagnie de membres de Podcastscience (Nico, Julie et Alan), du Café des Sciences (Taupo, Mr Pourquoi, Vincent ou encore Emilie Neveu), de membres de Strip Science comme Mel et des amateurs de sciences comme Swoog ou moi-même. Nous aurons enfin la chance d’accueil comme grand témoin Simon Meyer, le directeur du planétarium de Vaulx-en-Velin. Il nous parlera de lui, de la vulgarisation et du travail de gestion d’un lieu culturel et scientifique comme le planétarium. Pour plus d’infos vous pouvez suivre le compte twitter de Lyon Science : @LyonSciFr aller sur le site dédié lyon-science.fr ou vous rendre sur la page Facebook associée LyonScience.
  • Description un peu plus longue de la notion de paradigme chez Kuhn : http://www.philosciences.com/General/Kuhn.html

Conclusion

Les révolutions sont des phénomènes qui peuvent intervenir dans le monde, mais aussi en nous. Et que l’on aime cela ou pas, il est toujours important de pouvoir se positionner : à propos des révolutions comme à propos de ce podcast ! Alors n’hésitez pas : Envoyez-moi des e-mails, des commentaires sur la page iTunes (c’est une bonne façon de faire connaître le podcast), des likes sur la page Facebook, des tweets, des retweets, en me donnant un coupe-branche neuf pour tailler un arbre, ou en m’envoyant l’oeuvre complète de Jean-Pierre Luminet, si jamais vous vous préfériez vous en servir comme brouillon pour les dessins de vos enfants.

Si vous cherchez LisezLaScience sur internet, vous pouvez retrouver le podcast sur son site web http://lisezlascience.wordpress.com ou vous pouvez me contacter sur twitter sur @LisezLaScience ou sur la page Facebook https://www.facebook.com/LisezLaScience

Concernant le flux, il est accessible sur podcloud http://lisezlascience.podcloud.fr/ (merci les gars!), et sur podcastpedia podcastpedia.org/LisezLaScience

Vous pouvez aussi m’envoyer des e-mails à lisezlascience@gmail.com

Vous pouvez enfin retrouver l’ensemble des livres cités sur la liste goodreads associée à ce podcast sur le compte de LisezLaScience. Les livres seront placés sur des “étagères” spécifiques par épisode et ceux de celui-ci sont sur l’étagère “lls-11” : https://www.goodreads.com/review/list/30797714-lisezlascience?shelf=lls-11

Prochain épisode

Pour ceux qui seront le 21/03 à Lyon, je vous retrouver pour l’évènement Lyon Science 2015, et pour les autres, on se retrouve le 29/03/2015 pour un nouvel épisode sur le livre “Abominable Science”  de Luxton et Prothero dont je vous parlerai avec un invité spécial !

D’ici là à bientôt à toutes et à tous.

Les références des livres évoqués

  • La structure des révolutions scientifiques
    • ISBN : 2081214857 (ISBN13 : 978-2081214859)
    • Auteur : Thomas S. Kuhn
    • Nombre de pages : 284 pages
    • Date de parution : 14/05/2008 chez Flammarion
    • Prix : 8,20€ chez Amazon et à la Fnac


  • Science minute (anciennement Science in seconds)

    • ISBN : 2849332984 (ISBN13 : 978-2849332986)

    • Auteur : Hazel Muir

    • Nombre de pages : 415 pages

    • Date de parution : 10/03/2014 chez Editions Contre-dires

    • Prix : 12,90€ chez Amazon et à la Fnac



  • The Information: A History, A Theory, A Flood

    • ISBN : 0007225741 (ISBN13 : 978-0007225743)

    • Auteur : James Gleick

    • Nombre de pages : 544 pages

    • Date de parution : 01/03/2012 chez Fourth Estate

    • Prix : 9,18€ chez Amazon et à la Fnac



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LisezLaScience - HS-4 - Interview du Dr Éric Simon, auteur de Soixante Nanosecondes

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Aujourd'hui je vous propose l'interview du Docteur Éric Simon, l'auteur du livre Soixante Nanosecondes et du blog "Ça se passe là-haut".

Vous pouvez y accéder sur la page associée du blog : http://www.ca-se-passe-la-haut.fr/p/soixante-nanosecondes.html

Liste des livres cités :

  • Soixante nanosecondes
    • Auteur : Éric Simon
    • Nombre de pages : 303 pages
    • Date de parution : 15/12/2013
    • Prix : gratuit !
  • Trous noirs et distorsions du temps : L'héritage sulfureux d'Einstein
    • ISBN : 2081224968 (ISBN13 : 978-2081224964)
    • Auteur : Kip Thorne
    • Nombre de pages : 654 pages
    • Date de parution : 02/03/2009 chez Flammarion (Champs Sciences)
    • Prix : 12,20€ chez Amazon et à la Fnac
  • Le livre noir du nucléaire militaire
    • ISBN : 2213666792 (ISBN13 : 978-2213666792)
    • Auteur : Jacques Villain
    • Nombre de pages : 400 pages
    • Date de parution : 08/10/2014 chez Fayard
    • Prix : 22€ chez Amazon et à la Fnac
  • La Disparition de Majorana
    • ISBN : 2844854311 (ISBN13 : 978-2844854315)
    • Auteur : Leonardo Sciascia
    • Nombre de pages : 128 pages
    • Date de parution : 05/02/2012 chez Allia
    • Prix : 9,20€ chez Amazon et à la Fnac
  • Une destination légèrement incertaine
    • ISBN : 2918135356 (ISBN13 : 978-2918135357)
    • Auteur : Anne-Marie Cambon
    • Nombre de pages : 353 pages
    • Date de parution : 10/11/2011 chez Dialogues.fr
    • Prix : 24,00€ chez Amazon
  • La deuxième disparition de Majorana
    • ISBN : 2867463661 (ISBN13 : 978-2867463662)
    • Auteur : Jordi Bonells
    • Nombre de pages : 179 pages
    • Date de parution : 27/08/2004 chez Liana Levi
    • Prix : 16,00€ chez Amazon et 16,25€ à la Fnac

Les livres qui ont été cités sont placés sur des “étagères” spécifiques par épisode et ceux de celui-ci sont sur l’étagère “lls-hs-4” : https://www.goodreads.com/review/list/30797714-lisezlascience?shelf=lls-hs-4

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LisezLaScience – 10 – Le Temps (qui passe ?) d’Étienne Klein

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Lors du dernier épisode de LisezLaScience, j’avais parlé du livre de Trinh Xuan Thuan “Désir d’Infini” où il nous parlait de l’Infini, et de sa présence dans l’Histoire de l’Homme, que ce soit en philosophie, en mathématiques ou en physique et plus particulièrement en astronomie, sujet de prédilection de l’auteur.

L’épisode d’aujourd’hui, le numéro 10, devait être consacré à “La Structure Des Révolutions Scientifiques” de Thomas Kuhn, mais comme j’ai pris un peu mon temps pour écrire un nouvel épisode et que le Café des Sciences a mis en place une semaine thématique sur “Le Temps”, je me suis dit qu’il serait intéressant d’y participer et de partager avec vous une de mes lectures : “Le Temps (qui passe?)” d’Étienne Klein.

Étienne Klein est sûrement l’un des experts français de la question qui sache le mieux en parler autant du point de vue scientifique, mais aussi du point de vue philosophique. Dans cet ouvrage, une sorte de compte-rendu d’une conférence données à des enfants, il a décidé de répondre à des questions que ces derniers se poseraient à son propos et il y répond pour essayer d’éclairer ces chères têtes blondes sur ce sujet, un brin complexe à traiter de but en blanc :)

Le temps (qui passe?) Étienne Klein crédit : Bayard http://goo.gl/Hk7x8M
Le temps (qui passe?) Étienne Klein crédit : Bayard http://goo.gl/Hk7x8M

Sommaire

  • Quelques mots sur Étienne Klein
  • Le livre “Le Temps (qui passe?)”
  • Un livre qui n’a rien à voir
  • Un livre que j’aimerais lire
  • Plugs

Un auteur

Étienne Klein By Rémy François2 (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons
Étienne Klein By Rémy François2 (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

Étienne Klein By Rémy François2 (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

Étienne Klein, un physicien que vous avez, si vous vous intéressez un peu à la physique, sûrement déjà entendu parler à la radio, vu à la télé, ou lu dans un livre. Vous n’avez pas pu passer à côté de lui quoi … enfin … les plus troglodytes d’entre nous ont peut-être pu passer à côté. Mais cet épisode est là pour comblé ce manque !

Né en 1958 un 1er avril (et oui! Mais c’est moins ouf que Gérard Darmon qui est né un 29 février!) selon sa page wikipédia ou encore sa page chez les Presses Universitaires de France, ce jeune homme a foulé les bancs du Lycee Louis-Le-Grand et ensuite ceux de l’École Centrale de Paris avant d’obtenir son DEA de physique théorique en 1982. Directeur du Laboratoire de Recherche sur les Sciences de la Matière au CEA où il a fait toute sa carrière, il est passé maître dans le traitement de la question du temps en physique et même en philosophie! Cet expertise n’est d’ailleurs pas juste basée sur ses diplômes de physicien, mais aussi sur un doctorat en philosophie des Sciences qu’il obtint en 1999 et qui lui permet d’avoir cette double compétence. C’est une chose rare il me semble parmi les femmes et hommes de science, d’allier philosophie et science dans l’étude d’un domaine.

Si l’on s’intéresse aux diverses activités d’Étienne Klein on peut notamment citer ses travaux de recherche comme ceux autour du LHC ou encore ses multiples enseignements à l’École Centrale de Paris que ce soit en physique des particules, en philosophie des sciences, ou encore en simulation pour l’INSTN.

On peut aussi bien sûr citer ses autres activités comme la chronique qu’il anima sur France Culture nommée “Le monde selon Étienne Klein” ou encore son rôle en tant que membre du Conseil Scientifique de l’Office Parlementaire d’Évaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST) et de l'Académie des Technologies et du Conseil d’Orientation de l’Institut Diderot.

Mais si l’on parle de lui sur LisezLaScience c’est aussi pour ses ouvrages de science. Et de ce côté-là, on peut dire qu’il a été prolifique ! Plus d’une trentaine d’ouvrages dont certains attendent, la poussière sur leurs reluires parfaites, dans un étagère ou un chevet chez moi que je les ouvre et les lisent amoureusement. Parmi ces livres, on peut notamment citer : “Le Temps et sa flèche” (1993) dirigé conjointement avec Michel Spiro (un ouvrage reprenant les actes du colloque associé), “Les tactiques de Chronos” (2003), “Le facteur temps ne sonne jamais deux fois” (2007), “Discours sur l’origine de l’univers” (2010) ou encore “En cherchant Majorana, le physicien absolu” (2013). Concernant ce dernier livre, si vous chercher quelque chose à lire à propos de Majorana en plus, je vous propose celui écrit par le Dr Éric Simon (il faudra vraiment que je finisse de monter son interview pour un prochain épisode). Jetez-vous dessus !!!

Une bonne présentation d’auteur sur LisezLaScience ne serait pas complète sans la liste des distinctions qu’Étienne Klein a reçu. Et elle est plutôt longue ! Depuis les années 1990, il a notamment reçu : le Prix Jean-Perrin de popularisation de la science de la Société Française de physique en 1997, le Prix Jean-Rostand en 2004 remis par le Mouvement Universel de la Responsabilité Scientifique pour un auteur d’ouvrage de vulgarisation scientifique en langue française, et il a aussi été nommé Officier puis Commandeur dans l’Ordre des Palmes Académiques en 2006 puis en 2014. Entre autres.

Donc, c’est Étienne Klein quoi. Grosse culture, vie scientifique riche et prolifique et des ouvrages indispensables à lire si l’on souhaite en savoir un peu plus sur le temps par quelqu’un de calé dans le domaine !

Un livre

Avant-propos

Ce livre fait partie d’une collection nommée “Les petites conférences” et éditée chez Bayard. Comme expliqué dans la préface du livre d’aujourd’hui, cette collection est dirigée par Gilberte Tsaï. Auteur, metteur en scène et directrice du Centre Dramatique National de Montreuil de 2000 à 2011, elle a mis en place ces fameuses conférences pour, je cite, “Réunir grands intervenants et petits auditeurs autour de thématiques choisies telles que la beauté (Jean-Luc Nancy), le métier de grand reporter (Florence Aubenas), la mode (Marie-Josée Mondzain) ou encore l’avenir de la vie sur terre (Hubert Reeves)” comme expliqué sur le site du manège de reims concernant une “petite conférence” traitant des cinq sens avec l’écrivain Jean-Christophe Bailly.

On peut d’ailleur retrouver la liste des ouvrages de cette collection sur la page associée de Bayard et il y a vraiment plein de choses intéressantes comme “A quoi sert la science?” avec Jean-Marc Lévy-Leblond, “Le fini et l’infini” d’Alain Badiou ou “La Monnaie, pourquoi?” avec Jean-Claude Trichet. Il y a encore plein d’autres choses, je vous laisse fouiller !

Donc le principe de ces conférences est le suivant : une personnalité pertinente sur le domaine choisi répond à des questions d’enfants ayant plus de dix ans d’une manière qui se veut, enfin je pense que c’est l’idée, le plus simple et le plus compréhensible pour les enfants qui posent les questions. C’est quand même parfois quelque chose de plutôt compliqué, parce que les réponses aux questions peuvent être abstraites et il faut arriver à simplifier pour des enfants qui n’ont pas le bagage scientifique pour certains niveaux d’explication. Mais nous allons voir plus loin ce qu’il en est pour Étienne Klein.

La revue

Le livre est relativement court, et donc, étonnamment, la revue sera plus courte que d’habitude.

Étienne Klein a construit, pour cet ouvrage, une sorte de discussion où il entrecoupe son dialogue des questions qui lui sont posées afin de donner un cheminement qui soit agréable à lire. Cela donne finalement quelque chose d’intéressant et il est même drôle de voir, dans l’enchaînement des questions, que parfois des élèves en ont posé certaines qui semblent soufflées. Je ne sais pas comment l’expliquer, mais les questions ont du être écrites avec Étienne Klein pour arriver à avoir des choses qui ont du sens et qui soient pertinentes, tout du moins que les réponses associées soient intéressantes. On imagine assez bien les élèves se creusant la tête pour trouver des questions à poser à un physicien et philosophe renommé. Tout en candeur.

Le livre est en fait écrit en deux parties : une première qui est plutôt la vision d’Étienne Klein des questions qui peuvent légitimement se poser concernant le temps comme “D’où vient que le temps passe? Et passe-t-il vraiment ?” qui sont assez philosophiques et en même temps que se retrouvent très ancrées dans la physique sur la question de la définition d’un instant de temps par exemple. Il aborde aussi notamment ce qu’Albert Einstein a pu dire sur la question du temps ou sur l’analogie souvent prise du temps qui passe comme un fleuve qui coule.

Dans la seconde partie nous en arrivons effectivement aux questions/réponses entre les enfants (jeunes pourrait peut-être mieux correspondre, je ne suis pas sûr du terme le plus approprié) et Étienne Klein. Les questions sont intéressantes, il y en a des très variées qui vont de savoir si on peut mesurer la vitesse du temps, si les photons voient le temps passer ou quand est-ce que la fin du monde arrivera! Un peu de tout.

Le truc intéressant dans tout cela c’est qu’Étienne Klein essaie de se mettre au niveau des élèves et ne cherchent pas à leur raconter n’importe quoi histoire de les enfumer (si je puis dire). Il y a par exemple un enfant qui cherche à savoir si “Dieu porte une montre”. Outre qu’Étienne Klein explique qu’il lui sera compliqué de savoir ce qu’il pourrait porter au poignet si il en avait un, il concède qu’il ne sait pas quoi répondre à cette question. D’autres questions sont plus complexes comme celle où l’enfant cherche à savoir l’impact d’évènements, qu’il provoquerait dans le passé, sur le présent si celui-ci était modifié par voie de conséquence. La réponse est un peu difficile, mais j’ai eu l’impression qu’Étienne Klein a eu un peu de mal essayé d’expliquer ce qu’il en était et s’est retrouvé à devoir mettre en avant le principe de causalité pour justifier qu’il ne serait pas possible de modifier le présent que l’on connait en allant dans le passé.

À priori il est compliqué d’expliquer des concepts qui nécessitent un certain bagage scientifique de base à des personnes ne le possédant pas. Encore plus quand ces explications sont parfois entrecoupées de références philosophiques, d’un grand intérêt sans aucun doute, mais qui peuvent être encore plus obscures pour quiconque n’ayant eu l’occasion d’aborder la philosophie dans son cursus scolaire. Et je ne parle pas des explications qui parfois vont jusqu’à citer les temps, durées et énergies de Planck (dans le genre de concepts incompréhensibles sans comparaison pour des pré-adolescents avec des choses qu’ils connaitraient, je pense qu’on peut faire difficilement mieux).

En conclusion

Finalement, un livre, plutôt rapide à lire, qui essaye, autant que faire se peut, de simplifier toutes ces choses complexes! Mais j’ai l’impression que malgré les efforts d’Étienne Klein, cela a été compliqué de le faire car les explications données me semblent parfois plus destinées à une assistance qui dispose déjà de connaissances en physique et/ou sur le sujet.

Je suis bien peu de choses pour conseiller Étienne Klein, mais j’aurais été preneur, si j’avais été un enfant participant aux questions ou même juste présent pour entendre les réponses, de comparaisons, quand il est question de données/concepts physiques, pour arriver à se forger une idée, même lointaine de ce dont il est question. Rester terre à terre et multiplier les exemples issus de la vraie vie aurait été le bon plan à suivre et je pense qu’Étienne Klein a tenté autant qu’il pouvait de suivre ce chemin.

Et finalement je pense qu’il aurait été pertinent d’en savoir un peu plus sur la façon dont les enfants ont perçu les questions, comment ils ont compris les réponses et les explications données par Étienne Klein. Il aurait aussi été intéressant d’en savoir un peu plus sur l’assistance: quel était l’age des enfants, combien étaient-ils, comment s’est passée la rédaction des questions, etc.

Il s’agit en effet d’une expérience assez sympa, et sûrement très enrichissante, de mettre des enfants face à des scientifiques de la trempe d’Étienne Klein et d’engager cet échange de questions/réponses. Il est juste dommage de ne pas en savoir plus.

En tout cas je suis preneur de retours de personnes ayant tenté la lecture de ce livre avec leurs enfants pour voir ce que cela donne, comment ils comprennent les choses, etc et si finalement je ne suis pas trop dur avec Étienne Klein!

Un livre qui n’a rien à voir

Flatland (Edwin A. Abbott). Éditions 84. Crédit goodreads : http://goo.gl/9RCMhF
Flatland (Edwin A. Abbott). Éditions 84. Crédit goodreads : http://goo.gl/9RCMhF

“Flatland: A Romance of Many Dimensions” est un roman, ou plutôt une allégorie (selon Wikipédia) qui fut écrite en 1884 par monsieur Edwin A. Abbott. Cette histoire est celle d’un carré nous racontant la vie dans le plat pays (en deux dimensions), ses coutumes et la manière dont il découvre LineLand, le pays à une dimension, PointLand le pays sans dimension (et avec un seul habitant, le pays lui-même), ainsi que SpaceLand, le pays à trois dimensions. À travers cette histoire qui pourrait passer pour un délire de mathématicien, certains voient d’autres choses comme “la sortie de la caverne, voire le cheminement de Don Quichotte, l'hidalgo de Cervantes” (cf la page wikipédia de Flatland) ou encore une critique de la société anglaise de son époque (comme l’explique d’ailleurs amy Farrah Fowler à Sheldon Cooper dans la série The Big Bang Theory). En dehors de certains aspects à la limite du machisme (les femmes sont au ban de la société), beaucoup voient dans cet ouvrage une certaine avancée théorique concernant les dimensions supérieures et la manière de les considérer (plutôt visionnaire à l’époque).

C’est facile à lire, intéressant pour comprendre le travail réalisé pour imaginer ce que serait la vie dans un univers à deux dimensions, et quand on sait que c’est censé être une critique de l’époque victorienne on tente, tout au long de l’histoire, de deviner les liens cachés qui pourraient exister.

Un livre que j’aimerais lire

The Demon-Haunted World: Science as a Candle in the Dark (Carl Sagan). Ballantine Books. Crédit goodreads (http://goo.gl/h4Wydy)
The Demon-Haunted World: Science as a Candle in the Dark (Carl Sagan). Ballantine Books. Crédit goodreads (http://goo.gl/h4Wydy)

 

Comme livre que j’aimerais lire aujourd’hui je vais citer “The Demon-Haunted World: Science as a Candle in the Dark” de Carl Sagan. Publié en 1995, l’objectif de l’auteur était, à travers ce livre, de pouvoir permettre aux personnes qui le lirait de pouvoir savoir comment apprendre à avoir un esprit critique et sceptique. Selon Sagan, il est important que les personnes qui sont mises face à des propositions à l’allure scientifique, sachent arriver à déterminer via une étude critique et/ou sceptique des arguments et des données qui leur sont présentées si cela relève plus du fait scientifique ou des pseudo-sciences.

Pour certains cet ouvrage est l’une des pierres angulaires du mouvement sceptique contemporain et se doit donc d’être lu pour disposer des armes susceptibles de nous aider à différencier faits scientifiques et pseudo-sciences. Je crois que je ne peux pas passer à côté de ça ! À noter que cet ouvrage a sûrement été l’inspiration de la collection de livres sceptiques nommée “Une chandelle dans les ténèbres” et mise en place par Henri Broch aux éditions Book-e-book.

Plugs et liens évoqués

Conclusion

Et voilà le 10ème épisode (non Hors-Série) !

Pas si mal pour un truc débuté sans vraiment savoir dans quoi j’allais me lancer ! En tout cas je suis preneur de tous les retours que vous pourriez avoir, que vous ayez aimé ou pas, n’hésitez pas à me le dire! Envoyez-moi des e-mails, des commentaires, des like sur la page Facebook, des tweets, des retweets, n’importe quoi qui puisse servir à l’isolation contre le froid, ou l’oeuvre complète de Bill Bryson si jamais elle vous encombrait et que vous préféreriez vous en servir pour caler votre machine à laver qui bouge trop quand elle tourne.

Comme je l’expliquais, cet épisode se place dans le cadre d’une semaine thématique sur le temps organisé par le café des sciences. Si vous souhaitez lire les billets sur le sujet, dans des contextes des plus variés, jetez vous sur la page associée sur le blog dédié du café : http://thema.cafe-sciences.org/articles/category/le-temps/ En fait non, vous n’avez pas le choix, vous DEVEZ les lire ! Vous découvrirez, je suis sûr, plein de choses super intéressantes sur le sujet !

Si vous cherchez LisezLaScience sur internet, vous pouvez retrouver le podcast sur son site web http://lisezlascience.wordpress.com, vous pouvez me contacter sur twitter sur @LisezLaScience , sur la page Facebook associée https://www.facebook.com/LisezLaScience ou encore sur le café des sciences via la page “Nos Blogs” http://www.cafe-sciences.org/nos-blogs/

Concernant le flux, il est accessible sur podcloud http://lisezlascience.podcloud.fr/ (merci les gars!), sur podcastfrance http://podcastfrance.fr/podcast-lisez-la-science et maintenant sur podcastpedia podcastpedia.org/LisezLaScience

Vous pouvez aussi m’envoyer des e-mails à lisezlascience@gmail.com

Vous pouvez d’ailleurs retrouver l’ensemble des livres cités sur la liste goodreads associée à ce podcast sur le compte de LisezLaScience. Les livres seront placés sur des “étagères” spécifiques par épisode et ceux de celui-ci sont sur l’étagère “lls-10”

Prochain épisode

On se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode sur le livre de Thomas Kuhn “La Structure Des Révolutions Scientifiques”.

D’ici là bonnes lectures à toutes et à tous.

Les références des livres évoqués

  • Le temps (qui passe ?)
    • ISBN : 2227486015 (ISBN13 : 978-2227486010)
    • Auteur : Étienne Klein
    • Nombre de pages : 96 pages
    • Date de parution : 31/01/2013 chez Bayard Jeuness
    • Prix : 12,50€ chez Amazon et à la Fnac
  • Le Temps et sa flèche
    • ISBN : 2081303272 (ISBN13 : 978-2081303270)
    • Auteur : Étienne Klein et Michel Spiro
    • Nombre de pages : 281 pages
    • Date de parution : 27/04/2013 chez Flamarrion
    • Prix : 8,20€ chez Amazon et à la Fnac
  • Les tactiques de Chronos
    • ISBN : 2081223058 (ISBN13 : 978-2081223059)
    • Auteur : Étienne Klein
    • Nombre de pages : 219 pages
    • Date de parution : 12/01/2009 chez Flammarion
    • Prix : 8,20€ chez Amazon et à la Fnac
  • Le facteur temps ne sonne jamais deux fois
    • ISBN : 2081220229 (ISBN13 : 978-2081220225)
    • Auteur : Étienne Klein
    • Nombre de pages : 268 pages
    • Date de parution : 14/10/2009 chez Flammarion
    • Prix : 8,20€ chez Amazon et à la Fnac
  • Discours sur l’origine de l’univers
    • ISBN : 2081270641 (ISBN13 : 978-2081270640)
    • Auteur : Étienne Klein
    • Nombre de pages : 192 pages
    • Date de parution : 13/10/2012 chez Flammarion
    • Prix : 6,00€ chez Amazon et à la Fnac
  • En cherchant Majorana, le physicien absolu
    • ISBN : (ISBN13 :)
    • Auteur : Étienne Klein
    • Nombre de pages : 170 pages
    • Date de parution : 26/09/2013 chez Des équateurs
    • Prix : 42,00€ chez Amazon et 63,00€ à la Fnac
    • Remarque : je suis très étonné du prix du livre ! Je ne crois pas l’avoir acheté à ce prix-là ...
  • Soixante nanosecondes
    • Auteur : Éric Simon
    • Nombre de pages : 303 pages
    • Date de parution : 15/12/2013
    • Prix : gratuit !
  • A quoi sert la science?
    • ISBN : 2227477512 (ISBN13 : 978-2227477513)
    • Auteur : Jean-Marc Levy-Leblond
    • Nombre de pages : 150 pages
    • Date de parution : 28/02/2008 chez Bayard Culture
    • Prix : 9,90€ à la Fnac
  • Le fini et l’infini
    • ISBN : 2227482060 (ISBN13 : 978-2227482067)
    • Auteur : Alain Badiou
    • Nombre de pages : 58 pages
    • Date de parution : 07/10/2010 chez Bayard
    • Prix : 12,00€ chez Amazon et à la Fnac
  • La Monnaie, pourquoi?
    • ISBN : 2227486511 (ISBN13 : 978-2227486515)
    • Auteur : Jean-Claude Trichet
    • Nombre de pages : 68 pages
    • Date de parution : 30/05/2013 chez Bayard Jeunesse
    • Prix : 12,50€ chez Amazon et à la Fnac
  • Flatland: A Romance of Many Dimensions
    • ISBN : 2290054097 (ISBN13 : 978-2290054093)
    • Auteur : Edwin A Abbott
    • Nombre de pages : 125 pages
    • Date de parution : 05/04/2013 chez Editions 84
    • Prix : 3,00€ chez Amazon et à la Fnac
  • The Demon-Haunted World: Science as a Candle in the Dark
    • ISBN : 0345409469 (ISBN13 : 978-0345409461)
    • Auteur : Carl Sagan et Ann Druyan
    • Nombre de pages : 480 pages
    • Date de parution : 25/02/1997 chez Ballantine Books
    • Prix : 12,42€ chez Amazon et 8,93€ à la Fnac (via un vendeur externe cependant)

Vous pouvez retrouver la liste des livres dans goodreads à l’adresse suivante : https://www.goodreads.com/review/list/30797714-lisezlascience?shelf=lls-10

Podcast
En cours de lecture

LisezLaScience - HS-3 - Des livres pour Noël

LLS-HS3-DesLivresPourNoel.mp3

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Épisode un peu particulier aujourd’hui: comme Noël approche et que nous sommes tous en train de chercher quoi offrir, je compte vous proposer, dans un mode un peu décontracté, une liste de livres dans laquelle vous pourriez piocher un cadeau pour votre compagne ou compagnon, votre fils ou fille, ou la tante qui pique quand elle fait des bisous.

Les livres

Cinéma et physique

The Science of Interstellar

  • ISBN : 0393351378 (ISBN13: 9780393351378)
  • Auteur : Kip Thorne et Christopher Nolan
  • Nombre de pages : 336 pages
  • Date de parution : 07/11/2014 chez W. W. Norton & Company
  • Prix : 19,12 € chez Amazon

Mathématiques en s’amusant

Vous avez dit maths?

  • ISBN : 2100707078 (ISBN13: 9782100707072)
  • Auteur : Robin Jamet
  • Nombre de pages : 176 pages
  • Date de parution : 08/10/2014 chez Dunod
  • Prix : 14,90 € chez Amazon ou chez la Fnac

The Simpsons and Their Mathematical Secrets

  • ISBN : 1408842815 (ISBN13: 9781408842812)
  • Auteur : Simon Singh
  • Nombre de pages : 272 pages
  • Date de parution : 25/09/2014 chez Bloomsbury Publishing PLC
  • Prix : 12,03 € chez Amazon ou chez la Fnac

B.D.

Pour la science

  • ISBN : 2918653454 (ISBN13: 9782918653455)
  • Auteur : Zach Wiener et traduction de Phiip
  • Nombre de pages : 192 pages
  • Date de parution : 22/05/2014 chez les éditions Lapin
  • Prix : 23,00 € chez Amazon ou chez la Fnac

Bio

Surely you’re joking Mister Feynman!

  • ISBN : 0393316041 (ISBN13: 9780393316049)
  • Auteur : Richard P Feynman
  • Nombre de pages : 350 pages
  • Date de parution : 12/05/1997 chez W. W. Norton & Company
  • Prix : 13,26 € chez Amazon ou chez la Fnac

Scepticisme

L’imposture scientifique en 10 leçons

  • ISBN : 2020639440 (ISBN13 : 978-2020639446)
  • Auteur : Michel de Pracontal
  • Nombre de pages : 378 pages
  • Date de parution : 08/04/2005 chez le Seuil
  • Prix : 9,60 € chez Amazon ou la Fnac

Science, S.F. et fun

D'où viennent les pouvoirs de Superman ? Physique ordinaire d'un super-héros

  • ISBN : 2868836712 (ISBN13 : 9782868836717)
  • Auteur : Roland Lehoucq
  • Nombre de pages : 141
  • Date de parution : 15/09/2003 chez EDP Sciences
  • Prix : 16,00 € et constaté à 15,20 € chez Amazon et la Fnac

Conclusion

J’espère que vous aurez trouvé votre bonheur dans cette liste, si ce n’est pas le cas, vous le trouverez peut-être dans les étagères Goodreads des précédents épisodes de Lisez La Science.

Vous pouvez en effet retrouver l’ensemble des livres cités sur la liste goodreads associée à ce podcast sur le compte de LisezLaScience.

Si vous cherchez LisezLaScience sur internet, vous pouvez retrouver le podcast sur son site web http://lisezlascience.wordpress.com et vous pouvez me contacter sur twitter sur @LisezLaScience ou sur la page Facebook associée https://www.facebook.com/LisezLaScience

Concernant le flux, il est accessible sur podcloud http://lisezlascience.podcloud.fr/ (merci les gars!), sur podcastfrance http://podcastfrance.fr/podcast-lisez-la-science et maintenant sur podcastpedia podcastpedia.org/LisezLaScience

Vous pouvez aussi m’envoyer des e-mails à lisezlascience@gmail.com

Les livres qui ont été cités sont placés sur des “étagères” spécifiques par épisode et ceux de celui-ci sont sur l’étagère “lls-HS-3” : https://www.goodreads.com/review/list/30797714-lisezlascience?shelf=lls-hs-3

Je vous souhaite à tous de très bonnes fêtes !

Podcast
En cours de lecture

LisezLaScience – 9 – Désir d’Infini de Trinh Xuan Thuan

LLS-9-DesirDInfini.mp3

LLS-9-DesirDInfini.mp3

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Lors du dernier épisode de LisezLaScience, j’avais parlé du livre de Stephen Jay Gould, “Quand les poules auront des dents”. Grâce à ce livre nous avions abordé un certain nombre des essais qu’il a pu écrire au cours de sa carrière à propos de créationnisme, biologie, évolution ou encore démystification d’impostures scientifiques.

Aujourd’hui nous changeons un peu de sujet. Il s’agit toujours de science, bien sûr, mais nous n’allons pas parler d’imposture scientifique, mais de l’infini et de ses différentes occurences dans les mathématiques et la physique d’hier à Aujourd’hui. Trinh Xuan Thuan nous en parle, en effet, de manière détaillée dans “Désir d’Infini” et nous plonge ainsi dans l’Infini, ce concept (ou pas) qui fit tant peur aux Grecs de l’Antiquité et que nous avons appris à comprendre un peu mieux depuis.

 Désir d'Infini - Trinh Xuan Thuan - crédit : Goodreads http://goo.gl/QsA6iu
Désir d'Infini - Trinh Xuan Thuan - crédit : Goodreads http://goo.gl/QsA6iu

Sommaire

  •      Quelques mots sur Trinh Xuan Thuan
  •      Le livre “Désir d’Infini”
  •      Un livre qui n’a rien à voir
  •      Un livre que j’aimerais lire
  •      Plugs

Un auteur

Trinh Xuan Thuan - crédit France Inter - http://goo.gl/F1NvXz
Trinh Xuan Thuan - crédit France Inter - http://goo.gl/F1NvXz

Trinh Xuan Thuan est un astrophysicien francophone vietnamo-américain né en août 1948. Suite à des études d’astrophysique à Caltech il obtint son doctorat dans la même branche à Princeton en 1974. La période passée au Vietnam et ensuite en Suisse lui permis de maîtriser le français avec une qualité qui s’est ressenti depuis dans les différents ouvrages qu’il a pu écrire.

À côté de son actualité de romancier, Trinh Xuan Thuan est aussi un chercheur et un enseignant à part entière. Il partage ainsi son temps entre l’université de Virginie à Charlottesville aux États-Unis, et l’Université Paris 7, l’observatoire de Meudon, le service d’Astrophysique de Saclay et l’Institut d’Astrophysique de Paris en France.

Un homme actif pour le moins ! Et cela se ressent aussi dans sa production d’ouvrages mélant tous plus ou moins astrophysique et philosophie : il a en effet écrit une douzaine de livres depuis 1988 parmi lesquels je noterais plus particulièrement : “La Mélodie Secrète” publiée en 1988, “Le Chaos et l’Harmonie” publié en 1998, “Le Cosmos et le Lotus” publié en 2011 et celui qui est l’objet de cet épisode “Désir d’Infini” en 2013.

Ces ouvrages, et plus globalement son oeuvre entière, lui ont valu de recevoir un certain nombre de prix : Le prix Kalinga en 2009 pour sa capacité à vulgariser la science auprès du grand public en parallèle d’un apport significatif à son champ de recherche, mais aussi le Grand Prix Moron 2007 de l'Académie Française pour son livre “Les Voies de la Lumière”, le Grand Prix de la Fondation Simone et Cino Del Duca en 2012 pour ses ouvrages favorisant une nouvelle vision de l’Humanisme et le Prix Louis Pauwels en 2011 pour “Le Cosmos et le Lotus”.

Trinh Xuan Thuan pose un regard scientifique, mais aussi très personnel sur l’Humanité, sa place dans l’Univers, ou encore la composition ou le commencement de ce dernier en étant très didactique, clair dans le discours et en sachant de plus faire la différence entre ce qui est du ressort de la réalité scientifique et de ses propres convictions. Cette distinction n’est pas forcément un travail que tous les auteurs d’ouvrages traitant de la science sont prêts à faire et il faut lui reconnaître ce travail indispensable.

Vous pouvez bien entendu retrouver Trinh Xuan Tuanh sur internet et notamment à travers son site web, sa page dédiée sur le site de l’Université de Virginie, ou encore son compte Twitter, même si il reste plutôt discret sur le réseau social (son dernier tweet date de juillet 2013), mais qui sait ?

Un livre

Avant-propos

Ce livre de Trinh Xuan Thuan n’est pas le premier que j’ai lu, j’avais en effet eu entre les mains “La mélodie secrète” bien des années auparavant. Mais n’ayant pour seul souvenir de celui-ci que le fait qu’il aborde la question du mystère de la noirceur de la nuit (d’ailleurs je ne me souviens plus de la réponse), j’ai abordé ce livre sans à priori particulier sur l’auteur ou sur sa façon d’écrire. La seule chose que je savais était qu’il était un vulgarisateur reconnu pour tout ce qui pouvait avoir un lien avec la cosmologie, l’astronomie et les sujets associés.

La revue

Le livre est séparé en sept parties qui vont aborder chacune de son côté une facette de l’infini et son traitement dans différents champs scientifiques au cours de l’Histoire avec, il faut le reconnaître, une bonne partie traitant de sa présence en cosmologie.

Trinh Xuan Thuan commence par nous parler de la place de l’infini dans l’Histoire avec l’obsession que les Hommes de science ont eu à vouloir, soit le faire disparaître, soit le dompter. On apprend ainsi l’origine du symbole qui décrit l’infini en mathématiques : une sorte de “8” couché conçu par John Willis, mathématicien anglais, en 1655 en s’inspirant du numéral romain du “très grand nombre” 1000.

Dans cette partie plutôt générale, l’auteur aborde aussi diverses incarnations de l’infini : les fractales, par exemple, héritage de Benoît Mandelbrot dont la symétrie d’échelle s’étend à l’infini, ou encore le paradoxe de Zenon qui, suivant la forme qu’il prend, nous explique, par exemple, que le déplacement est impossible car il y a une infinité d’intervalles à parcourir! On découvre aussi les deux notions d’infini que les philosophes ont développé : l’infini potentiel (on ne pourra jamais l’atteindre, pour faire simple) et l’infini actuel (qui existe effectivement, aussi en gros).

Dans la seconde partie de son livre, Trinh Xuan Thuan se penche plus particulièrement sur l’infini en mathématiques. Et comme il est impossible de ne pas l’aborder sans parler de Georg Cantor, l’auteur nous raconte la manière dont celui-ci a travaillé sur le sujet et comment parler d’ensembles infinis est renversant pour l’esprit : il y a en effet une infinité de nombres entre 1 et 2. La même infinité que dans l’ensemble des réels. Il y a d’ailleurs autant de points sur une surface que sur une ligne! Les mathématiques offrent aussi une autre porte sur l’infini avec les irrationnels ou encore le fameux nombre pi donc le calcul des décimales implique des sommes infinies. Malheureusement pour Cantor, ses travaux ne reçurent pas forcément l’accueil qu’ils méritaient et Kronecker, qui fut son maître plus tôt, n’accepta pas ses résultats. Ce rejet des travaux de Cantor par Kronecker et son impossibilité à prouver l’hypothèse du continu fit sombrer ce premier dans une folie dont il ne sortit jamais vraiment.

Le plus triste pour Cantor fut d’essayer de démontrer l’hypothèse du continu, Gödel prouva en effet plus tard que c’était impossible ou plutôtt indémontrable. D’ailleurs, tout deux partagèrent, en plus peut-être qu’un amour pour l’infini des mathématiques, une volonté de démontrer l’existence de Dieu grâce aux mathématiques…

Un bon complément à cette partie sur l’infini peut être trouvé chez les amis de Podcastscience. En effet, Robin ou NicoTupe ont eu l’occasion de parler plusieurs fois du sujet au cours des épisodes 74, 105 et 145 qui traitaient de Cantor lui-même, de l’infiniment petit ou encore du ballet entre zéro et l’infini.

Tout ceci est très bien, mais vous allez me dire : “Trinh Xuan Thuan est un astrophysicien: où est l’astrophysique jusqu’ici?”. Et je vous répondrais : “Mais que vous êtes pressés ! Le voici qui va nous en parler à partir de maintenant!”.

Dans la troisième partie l’auteur aborde en effet les liens entre astrophysique, je dirais presque cosmologie, et infini. Il faut dire que l’Univers a toujours été un sujet d’admiration et d’interrogation pour l’Homme. Dans notre culture occidentale on a d’ailleurs tendance à associer aux Grecs les premières traces de ces réflexions. Atomistes ou non, les grecs envisageaient déjà la finitude ou non de l’Univers et de toute chose le composant. L’Atomisme ne fut cependant pas la théorie qui survécu et la pensée d’Aristote lui survécu pendant plusieurs siècles. Il ne faut pas croire que cette théorie, prouvée fausse aujourd’hui, n’ai pas montré des résultats positifs pendant longtemps. En effet le perfectionnement de cette théorie géocentrique lui a permis de prendre en compte de plus en plus de phénomènes. Ellel fut d’ailleurs reprise par la religion chrétienne car elle “collait” particulièrement avec la vision donnée par les écritures. Mais cette vision géocentrique fut remise en question et le débat entre univers fini et infini continua : Copernic, Brahe, Digges, Bruno, Kepler, Gallillée travaillèrent sur les caractéristiques finies ou infinies de l’Univers pour arriver à comprendre les implications : l’infini est-il possible? Est-il seulement l’apanage de Dieu? Peut-on l’appréhender ? Et finalement l’Univers ne pourrait-il pas être fini, mais sans limite ? Les mathématiques et la physique se penchèrent sur la question, Newton, Gauss, Riemann ou encore Einstein travaillèrent sur les questions associées pour aboutir aux idées de la relativé restreinte et de la relativité générale. La question de finitude apporte aussi la question des origines, Einstein cru un instant qu’il était éternel et statique, mais d’autres physiciens prouvèrent que cela ne pouvait pas être le cas. Friedmann, Lemaître et Hubble montrèrent qu’il n’en était pas ainsi et qu’il pouvait il y avoir eu un début avec une expansion depuis. L’Église en fut d’ailleurs ravie même si rapidement il fut clair que devait être séparées science et religion.

Après avoir expliqué les origines des modèles d’Univers d’aujourd’hui, et notamment le modèle du Big Bang, Trinh Xuan Thuan nous explique les connaissances que les scientifiques ont de nos jours sur sa structure, sa composition et les questions qui restent entières à son propos. Il reprend notamment le point, parfois complexe à comprendre que l’univers peut-être fini mais sans limite (imaginé la surface d’une sphère ou d’un tore pour vous faire une idée) et que ce point soulève une question qui est cruciale : quelle est la courbure de l’univers ? Question amenant d’autres : de quoi est constitué l’univers? Seulement de la matière ordinaire ? De la matière noire? De l’énergie noire ? Et tous les scénarios possibles qui incluent ces diverses possibilités. D’ailleurs comment tout cela se répartit-il dans l’univers ? Parce qu’il a l’air homogène. Et plat. Et en expansion accélérée. Trinh Xuan Thuan nous parle ainsi d’inflation, de particule de Higgs, de rayonnement fossile et bien d’autres choses pour tenter de donner les théories que la science a échafaudé pour proposer des explications à certains de ces questions.

Dans les cinquième et sixième chapitres, l’auteur aboutit ainsi à parler de la place que l’infini possède dans tout ceci et notamment les possilibilités qu’il peut impliquer sur les différents types d’univers possibles. Cela ressemble d’ailleurs un peu à une version allégée du contenu du livre de Brian Greene “La Réalité Cachée : Les univers parallèles et les lois du cosmos”. Bon par contre c’est Brian Greene hein ! Dans cette partie l’idée est de partir du postulat que l’univers est infini et de comprendre les potentielles implications sur ce à quoi il ressemblerait : répétition infinie de notre univers “visible”, impact de la physique quantique, etc. Il s’agit d’ailleurs pour Trinh Xuan Thuan d’une occasion pour donner son opinion sur cet aspect très matérialiste (que la répétition à l’infini d’un univers impliquerait que toutes les possibilités d’action existent et que nous n’avons aucune prise sur nos actes) avec une vision “bouddhiste” et moins scientifique que religieuse. Vision que le fait d’ailleurs s’ériger de manière un tantinet véhémente en en appelant aux notions d’amour, à la poésie, etc contre ceux qui ne se cantonneraient qu’aux faits scientifiques alors qu’il admet cependant que nous ne savons pour l’instant pas encore tout sur tout. Un peu hors sujet car non scientifique selon moi, mais bon, l’auteur peut bien donner son opinion, il faut juste être conscient qu’il s’agit de la sienne et pas d’un fait prouvé et avéré par la science.

Cet intermède est d’ailleurs une bonne transition vers la vision de Borges (auteur que j’ai découvert avec Trinh Xuan Thuan) de l’infini et la métaphore du singe dactylographe écrivant tous les textes possibles ainsi que ceux de Shakespeare, entre autres.

Comme je le disais il aborde les divers univers possibles que les différents points qu’il a énoncé peuvent amener avec notamment l’impact de la mécanique quantique. On apprend d’ailleurs au passage que Trinh Xuan Thuan se placerait du côté des idéalistes, émettant l’idée que la conscience joue un rôle dans le choix des options possibles. C’est ainsi pour lui le moment de poser que la nature ne se mesure pas elle-même (cela semble évident pour lui, moins pour le lecteur selon moi et par là de conclure que “la conscience fait donc irrévocablement partie du phénomène [...] étudié”. Il aborde par la suite diverses possibilité d’univers qui surgissent de nos théories actuelles : Multivers inflationnaire, multivers cyclique issue de la théorie des cordes ou non, univers-branes, les univers holographiques, etc.

La dernière partie du livre essaie de nous expliquer un peu ce qu’on peut faire pour discriminer les divers univers possibles qu’implique notamment l’infini. Le point est notamment de savoir si l’on peut parler d’une théorie scientifique si l’on ne peut prouver par l’expérience sa validité. Trinh Xuan Thuan nous explique ainsi les problématiques de paradigme et de falsifiabilité en citant les positions de Thomas Kuhn et Karl Popper sur la question, ainsi que le fait qu’un certain nombre d’affirmations qui ont été faites pendant le siècle précédent ont mis du temps à être prouvée par l’expérience et que l’on a pas jeté les théories correspondantes aux ordures dans l’intervalle.

Voici le livre jusqu’à la page 331. à 99% scientifique. A partir de la page 332 il ne s’agit plus de science, en tout cas de cosmologie. Trinh Xuan Thuan donne son opinion sur les implications qu’aurait un univers infini en lien avec la place de l’Homme notamment suite aux divers délogages qu’il a subit ces derniers siècles (centre du système solaire, puis de la galaxie, puis de l’univers, etc). Il explique ainsi que la cosmologie avec notamment le principe anthropique et un peu de cause finale a permis de réenchanter le monde. Il est ensuite question d’éthique en lien avec l’infini, de religion, de spiritualité, de vie éternelle, de sociologie, de structure familiale … Plus rien de scientifique. Je vous avais prévenu. Bon, l’auteur a bien le droit de donner son opinion, il faut juste, comme je l’ai dit, que ce soit clair et que l’on sache faire la différence entre des faits et des opinions.

En conclusion

Au final, Désir d’infini est un livre intéressant et complet : Trinh Xuan Thuan aborde nombre de domaines dans lesquels la notion d’infini se retrouve tout au cours de l’histoire : à l’antiquité avec les nombres, les paradoxes et les dieux, plus tard avec les deux infinis et les mathématiques où ils restent toujours présents parfois au détriment des personnes qui le cotoie, jusqu’à ces dernières décennies avec la physique qui a cherché à éprouver les profondeurs insondables de la matière et celles de l’univers qui nous entoure.

Ce livre fut pour moi un peu un mélange entre trois autres que je venais de lire : “La réalité cachée” de Brian Greene (que le premier épisode du podcast abordait), “Le cantique des quantiques” de Sven Ortoli et Jean-Pierre Pharabod, et “L’univers des nombres” de Hervé Lehning (qui était le sujet du troisième épisode du podcast). On y aborde les nombres, leur histoire et plus globalement celle de la science, ainsi que la physique quantique et la cosmologie.

Il faut aussi noter que le livre dispose de très jolies illustrations regroupées en quelques pages au milieu du livre qui, si on s’y réfère au moment où elles sont citées, viennent bien agrémenter la lecture.

Un point qui me chiffonne un peu cependant concerne le fait que l’auteur possède une certaine vision, je dirais, mystique, concernant certains aspects : l’origine de l’univers entre autres et plus particulièrement le fait qu’il se présente clairement comme un défenseur du principe anthropique fort. Principe qui je le rappelle énonce que nous sommes capables de nous poser des questions sur l’univers car il a été construit, agencé, configuré, pour que puisse apparaître des observateurs, comme nous, et que nous puissions nous poser des questions à son propos. En gros.

Michel de Pracontal, dans son livre “L’imposture scientifique en 10 leçons”, parle d’ailleurs de Trinh Xuan Thuan et de sa vision des choses et du fait que ce principe est dans le même ordre d’idée que celui des causes finales. Causes finales dont parle Stephen Jay Gould dans l’ouvrage qui était le sujet du dernier épisode (oui je recycle un maximum mes épisodes).

Dans l’absolu, et tant que cela reste clairement annoncé, je n’ai pas forcément grand chose contre l’opinion d’un auteur concernant certains points qui ne seraient pas encore totalement validés par la science. Ce qu’il y a, c’est qu’il s’agit ici plus d’une conviction d’ordre personnel et presque religieux, qu’une hypothèse scientifique en tant que telle. Le truc vient plutôt du fait que ce livre se veut être de la vulgarisation et s’adresse donc, en partie, aux personnes qui souhaiteraient avoir l’avis d’une personne jugée/reconnue compétente dans le domaine. Sauf qu’il donne son opinion qui n’est plus de la science en l’occurrence.

À vrai dire, sur le coup, étant conscient de la chose, je n’en ai pas fait un grand cas. C’est en écoutant plus tard un épisode de Scepticisme Scientifique que j’ai pensé de nouveau à cet aspect du livre que j’avais noté. En écoutant l’épisode 246 intitulé “Enquête sur les créationnismes” j’ai ainsi appris qu’il était Vice-président de l’Université Interdisciplinaire de Paris qui n’est pas une université, mais une association loi 1901, qui cache derrière un caractère scientifique certains points de vue moins glorieux comme la volonté de rapprocher foi et science et le fait qu’elle soit en partie financée par la John Templeton Foundation qui finance surtout des recherches créationnistes…

Bon, il ne faut bien sûr pas restreindre la qualité de ce livre à l’aune de cette information, il est juste nécessaire d’avoir un regard critique, dans le bon sens, sur ce livre. Et au final vous vous rendrez compte que, jusqu’à la page 331, il est de bonne qualité et qu’il vaut clairement la peine d’être lu! Sauf si les réserves que j’ai émis vous arrête. À vous de choisir.

Un livre qui n’a rien à voir

The Simpsons and their mathematical secrets - Simon Singh - crédit goodreads - http://goo.gl/fRmQZ2
The Simpsons and their mathematical secrets - Simon Singh - crédit goodreads - http://goo.gl/fRmQZ2

Comme livre qui n’a rien à voir avec celui d’aujourd’hui, je vous propose “The Simpson’s and their mathematical secrets” de Simon Singh. Il s’agit d’un ouvrage divertissant et facile à lire où l’auteur nous parle des clins d’oeils aux mathématiques que les personnes écrivant les scripts de la série ont su égrenner tout au long des épisodes.

Ces “secrets” mathématiques dont nous parle Simon Singh sont un bon moyen de nous parler plus largement de cette matière que les auteurs des Simpsons n’hésitent pas à utiliser pour des ressorts comiques (ils ont 8 doigts et pas 10 par exemple), ou des blagues qui sont furtives mais que tout bon fan ne saurait rater. Simon Singh aborde aussi les secrets mathématiques que l’on peut retrouver dans Futurama, la série soeur des Simpsons que créa Matt Groening. Il aborde ainsi le théorème de Keller (je n’expliquerais pas de quoi il s’agit, lisez le livre:)) ou d’autres joyeusetés qui égrènent la série.

Au final, “The Simpson’s and their mathematical secrets” est un livre qui se lit bien (attention il est en anglais et je ne crois pas qu’il existe pour l’instant une traduction en français), dont les concepts mathématiques sont bien expliqués et qui nous en apprend un peu plus sur certaines merveilles des mathématiques que l’on peut retrouver dans ces deux séries.

Un livre que j’aimerais lire

Initiation à la physique quantique - Valério Scavani - crédit goodreads - http://goo.gl/ANz9q6
Initiation à la physique quantique - Valério Scavani - crédit goodreads - http://goo.gl/ANz9q6

Comme livre que j’aimerais lire, aujourd’hui je citerais : “Initiation À La Physique Quantique: La Matière Et Ses Phénomènes” de Valerio Scarani. L’idée pour moi derrière ce livre serait d’avoir un ouvrage de référence sur la physique quantique qui pourrait être un bon complément du “cantique des quantiques” de Sven Ortoli et Jean-Pierre Pharabod (que j’ai lu et dont il faudrait que je fasse une revue un jour) ou encore de “L’impensable hasard” de Nicolas Gisin (mais qui est particulièrement concentré sur la téléportation quantique). Non pas que ces derniers aient été insuffisants, mais il me semble qu’il m’en faudrait un de plus pour peut-être mieux comprendre cette branche de la physique qui peut paraître si exotique aux yeux d’un profane.

Dans une idée assez proche, j’ai récemment lu deux ouvrages de Brian Greene, l’un des grands vulgarisateurs de la théorie des cordes et même si je n’ai pas forcément tout compris dans la profondeur, je pense qu’ils permettent d’avoir une bonne idée des ponts qu’elle cherche à jeter etre la relativité générale et la physique quantique justement.

Concernant la relativité générale, j’ai déjà pu lire quelques ouvrages dont notamment “Une brève histoire du temps, du Big-bang aux trous noirs” qui traite de la question plus spécifiquement, ainsi que “La Relativité” d’Albert Einstein. En fait je me rends compte que c’est aussi peut-être le fait qu’elle semble plus simple à expliquer que j’ai l’impression que j’en sais plus à son propos. Soit dit en passant les pages que lui consacre Brian Greene dans son livre “L’univers élégant” sont vraiment intéressantes même si elles font un peu chauffer le cerveau ...

Plugs et liens évoqués

Conclusion

Que vous ayez aimé ou pas, n’hésitez pas à me le dire! Envoyez-moi des e-mails, des commentaires, des like sur la page Facebook (elle vient d’ailleurs de dépasser les 100 mentions “J’aime”, merci à tous!), des tweets, des retweets, une colonne de douche, je dois changer celle de ma salle de bain, ou l’oeuvre complète de Karl Popper si jamais vous vous préfériez les coloriages à ses ouvrages.

Si vous cherchez LisezLaScience sur internet, vous pouvez retrouver le podcast sur son site web http://lisezlascience.wordpress.com et vous pouvez me contacter sur twitter sur @LisezLaScience ou sur la page Facebook associée https://www.facebook.com/LisezLaScience

Concernant le flux, il est accessible sur podcloud http://lisezlascience.podcloud.fr/ (merci les gars!), sur podcastfrance http://podcastfrance.fr/podcast-lisez-la-science et maintenant sur podcastpedia podcastpedia.org/LisezLaScience

Vous pouvez aussi m’envoyer des e-mails à lisezlascience@gmail.com

Vous pouvez d’ailleurs retrouver l’ensemble des livres cités sur la liste goodreads associée à ce podcast sur le compte de LisezLaScience. Les livres seront placés sur des “étagères” spécifiques par épisode et ceux de celui-ci sont sur l’étagère “lls-9”.

Prochain épisode

On se retrouve le 30/11/2014 pour un nouvel épisode sur “La structure des révolutions scientifiques” de Thomas C. Kuhn.

D’ici là bonne quinzaine à toutes et à tous.

Les références des livres évoqués

  • Désir d’infini
    • ISBN : 2213635110 (ISBN13 : 978-2213635118)
    • Auteur : Trinh xuan Thuan
    • Nombre de pages : 400 pages
    • Date de parution : 15/05/2013 chez Fayard
    • Prix : 21,50€ chez Amazon et à la Fnac
  • La mélodie secrète
    • ISBN : 2070326233 (ISBN13 : 978-2070326235)
    • Auteur : Trinh Xuan Thuan
    • Nombre de pages : 390 pages
    • Date de parution : 22/03/1991 chez Folio
    • Prix : 10,60€ chez Amazon et à la Fnac
  • Le Chaos et l’Harmonie
    • ISBN : 2070413705 (ISBN13 : 978-2070413706)
    • Auteur : Trinh Xuan Thuan
    • Nombre de pages : 603 pages
    • Date de parution : 15/05/2000 chez Gallimard
    • Prix : 12,80€ chez Amazon et à la Fnac
  • Le Cosmos et le Lotus
    • ISBN : 2226230548 (ISBN13 : 978-2226230546)
    • Auteur : Trinh Xuan Thuan
    • Nombre de pages : 272 pages
    • Date de parution : 31/08/2011 chez Albin Michel
    • Prix : 19,30€ chez Amazon et à la Fnac
  • Les Voies de la Lumière
    • ISBN : 2070353796 (ISBN13 : 978-2070353798)
    • Auteur : Trinh Xuan Thuan
    • Nombre de pages : 1040 pages
    • Date de parution : 18/09/2008 chez Folio
    • Prix : 13,80€ chez Amazon et à la Fnac
  • La Réalité cachée : Les univers parallèles et les lois du cosmos
    • ISBN : 2221109945 (ISBN13 : 9782221109946)
    • Auteur : Brian Greene, Traduction : Célien Laroche
    • Nombre de pages : 509
    • Date de parution : 25/10/2012 chez Robert Laffont
    • Prix : 23,50 € et constaté à 22,33€ chez Amazon ou encore la Fnac
  • Le cantique des quantiques
    • ISBN : 2707153486 (ISBN13 : 978-2707153487)
    • Auteur : Sven Ortoli Jean-Pierre Pharabod
    • Nombre de pages : 150 pages
    • Date de parution : 20/09/2007 chez La Découverte
    • Prix : 7,50 € chez Amazon et à la Fnac
  • L’imposture scientifique en 10 leçons
    • ISBN : 2020639440 (ISBN13 : 978-2020639446)
    • Auteur : Michel de Pracontal
    • Nombre de pages : 378 pages
    • Date de parution : 08/04/2005 chez le Seuil
    • Prix : 9,60 € chez Amazon ou la Fnac
  • L’Univers des nombres : De l’Antiquité à Internet
    • ISBN : 2875151835 (ISBN13 : 9782875151834)
    • Auteur : Hervé Lehning
    • Nombre de pages : 320 pages
    • Date de parution : 24/04/2013 chez Ixelle Éditions
    • Prix : 19,90 € et constaté à 18,91 € chez Amazon et la Fnac
  • Quand les poules auront des dents
    • ISBN : 2757824937 (ISBN13 : 978-2757824931)
    • Auteur : Stephen Jay Gould
    • Nombre de pages : 480 pages
    • Date de parution : 23/05/2011 chez Points
    • Prix : 10,10 € chez Amazon ou à la Fnac
  • Initialition à la physique quantique
    • ISBN : 2711791416 (ISBN13 : 978-2711791415)
    • Auteur : Valério Scavani
    • Nombre de pages : 133 pages
    • Date de parution : 21/08/2006 chez Vuibert
    • Prix : 19,50 € chez Amazon ou à la Fnac

Vous pouvez retrouver la liste des livres dans goodreads à l’adresse suivante : https://www.goodreads.com/review/list/30797714-lisezlascience?shelf=lls-9

Podcast
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LisezLaScience – 8 – Quand les poules auront des dents de Stephen J. Gould

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Cela fait plusieurs semaines qu’un nouvel épisode n’était pas sorti, mais le voici ! Le précédent (hormis le hors-série enregistré pendant l’évènement #PSatCERN et celui sur mon interview par Jean-Michel Abrassart pour Scepticisme Scientifique) était à propos du livre “L’Imposture Scientifique en 10 Leçons” de Michel de Pracontal. Un livre très intéressant pour qui souhaite comprendre un peu mieux comment différencier la science de l’imposture.

Aujourd’hui nous allons un peu parler de biologie avec le livre : “Quand les poules auront des dents” de Stephen Jay Gould. Avec ce livre on aborde un certain nombre des essais qu’il a pu écrire au cours de sa carrière à propos de créationnisme, biologie, évolution ou encore démystification d’imposture scientifique.

Quand les poules auront des dents - crédit Amazon : http://goo.gl/P4nfPa
Quand les poules auront des dents - crédit Amazon : http://goo.gl/P4nfPa 

Sommaire

  • Quelques mots sur Stephen Jay Gould
  • Le livre “Quand les poules auront des dents”
  • Un livre qui n’a rien à voir
  • Un livre que j’aimerais lire
  • Une quote
  • Des plugs

Un auteur

Stephen Jay Gould - crédit goodreads : http://goo.gl/YrqYWq
Stephen Jay Gould - crédit goodreads : http://goo.gl/YrqYWq

Stephen Jay Gould représente pour beaucoup un exemple dans le combat contre l’ignorance, les pseudo-sciences et le créationnisme. La première fois que j’ai entendu parlé de lui, ce fut lors d’un des épisodes de Podcastscience réalisé par Marco. Il devait s’agit de celui sur l’audition chez les vertébrés je crois.

Stephen Jay Gould est un scientifique né en 1941 et mort il y a maintenant un peu plus de 10 ans, en mai 2002. Paléonthologue américain, il a été professeur de géologie et d’histoire des sciences à Harvard et il est énormément connu pour la vulgarisation qu’il a fait de la théorie de l’évolution.

Stephen Jay Gould est ainsi connu pour au moins deux combats : son travail de vulgarisation sur l’évolution et notamment autour de la théorie qu’il a mis en avant sur les équilibres ponctués et sa volonté de combattre le créationniste et plus particulièrement le dessein intelligent.

En ce qui concerne l’évolution il a d’ailleurs beaucoup œuvré dans la critique des visions adaptationistes à outrance que certains biologistes ont eu tendance à appliquer à tout va lorsqu’il était nécessaire de devoir expliquer certains caractères d’espèces. Pierre Kerner et Marco en ont d’ailleurs parlé dans divers épisodes de Podcastscience, que ce soit dans la discussion du premier avec X0chipili ou à propos des œufs de kiwi ou du mystère de l’ornithorynque pour le second.

Mais revenons à Stephen Jay Gould. Comme je le disais, un de ses apports à la science fut la mise au point, avec Niels Eldredge en 1972 de la théorie des équilibres ponctués. Théorie selon laquelle les changements évolutifs se produisent sur des temps relativement courts entrecoupés de longues périodes de “calme” évolutif. Cette théorie a d’ailleurs été l’un des sujets de discorde entre lui et l’autre grand évolutionniste de l’époque, Richard Dawkins, qui était plutôt en faveur de la notion de gêne égoïste. Aujourd’hui la théorie de Stephen Jay Gould reste celle envers laquelle le plus de preuves ont été accumulées.

Comme tout scientifique, 100% de la communauté n’est pas vouée à sa cause (comme je viens de le dire avec Richard Dawkins) et divers scientifiques critiquent sa théorie ou sa manière d’en parler. Ceci n’enlève rien au travail, félicité par tous et même Richard Dawkins, qu’il a fait pour vulgariser et attirer à la biologie évolutionniste pléthore d’étudiants ayant lu ses ouvrages.

Pour ses différents travaux en science et aussi en vulgarisation, Stephen Jay Gould a reçu de nombreux prix comme médaille linnéenne en 1992 remise à des biologistes et zoologistes de renom depuis 1888 par la Linnean Society of London (Thomas Henry Huxley ou Alfred Russel Wallace l’ont reçu par exemple, mais aussi Arthur Smith Woodward dont parle Gould à propos de la supercherie de l’homme de Piltdown), le prix Charles Schuchert en 1975 (remis à une personne de moins de 40 ans ayant réalisé de grands travaux en paléonthologie), la médaille de la Paleontological Society en 2002 ou encore la médaille Darwin-Wallace en 2008 qui n’est remise que tous les cinquante ans par la Linnean Society of London.

Je crois que peu de biologistes auront été autant récompensés pour leurs travaux !

En ce qui concerne ses œuvres, on peut dire que Stephen Jay Gould fut un écrivain prolifique ! Il écrivit quasiment un ouvrage par an depuis 1977 ! Les plus connus furent ceux qui sont estampillés “réflexions sur l’histoire naturelle” et qui correspondent aux articles parus dans Nature History entre 1974 et 2001. Parmi ses ouvrages on peut notamment retrouver : “Darwin et les grandes énigmes de la vie”, “Le pouce du panda”, “Quand les poules auront des dents”, “Le sourire du flamant rose” ou encore “La foire aux dinosaures”.

Un livre

Avant-propos

Il est important, je pense, d’expliquer tout d’abord, que j’ai toujours plutôt eu un faible pour la physique et les mathématiques. Ce n’est pas que la biologie ne m’ait pas réussi pendant mes années d’études, mais il faut bien faire des choix. Et c’est ainsi plutôt vers les sciences physiques et les mathématiques que j’ai penchées. Je crois que c’est une perception plus grande de justesse peut-être que je percevais à l’époque dans ces sciences qui me semblaient plus “dures”. Ou cette opinion que je viens de donner n’est qu’une perception rétrospective à la lumière de ce que j’ai appris par la suite sur ces diverses matières.

La biologie au sens large, je dirais presque les sciences du vivant, n’en demeurent pas moins fascinantes du fait des questions auxquelles elles essayent d’apporter des réponses : quel est l’arbre généalogique de l’Homme, comment s’est construit le vivant, du plus petit organisme au plus grand, du plus complexe au plus simple ? Encore que cette dernière question ne soit peut-être pas la plus pertinente à postériori.

Pour revenir à l’ouvrage d’aujourd’hui : si j’ai souhaité le lire, avant d’avoir l’idée d’en faire une revue, c’est parce que j’avais aussi envie d’ouvrir un peu l’horizon de mes connaissances : Il est bon de lire des livres et de savoir que l’on connaît le sujet qui est abordé, mais il est aussi bon de pouvoir découvrir, tout simplement, des choses comme ce que raconte Stephen Jay Gould dans son ouvrage. Et même si il s’agit d’une traduction en français, je pense, tout du moins j’espère, que l’écriture qui lui est propre transparaît suffisamment pour que l’écriture puisse être autant appréciée que le contenu.

Quand j’ai ouvert le livre j’ai été un peu déçu au premier abord. J’ai en effet découvert que ce n’était pas le premier de la série. Pour un amateur de SF et de grandes sagas comme celle des Fondations d’Asimov, de Dune d’Herbert ou des Princes d’Ambre de Zelazny, c’était presque une hérésie ou une folie de ma part de commencer au milieu ! Puis finalement j’ai compris que d’une part il s’agissait d’un regroupement de textes plutôt indépendants les uns des autres, et que je n’allais pas attendre d’avoir acheté ceux qui venaient avant pour lire celui-ci, j’était trop pressé de découvrir Stephen Jay Gould et ses écrits. Je m’y suis donc mis.

La revue

Le livre est organisé en plusieurs parties dont le contenu (plusieurs essais à chaque fois) est regroupé par thème : les noms des parties. Un bon point pour un peu de cohérence. Comme quoi, un peu d’organisation ne fait jamais de mal. Enfin je dis ça mais ne venez jamais voir mon bureau. Ce ne sera pas le mien d’ailleurs.

Pour en revenir au livre : la première partie traite de “bizarreries raisonnables”. Ici Stephen Jay Gould nous parle de divers animaux, plus étranges les uns que les autres, pour ne pas dire bizarres. Il nous parle entre autres de la dissymétrie entre les deux sexes pour diverses espèces et des théories parfois les plus farfelues qu’il y a pu avoir sur le fait que pour un certain nombre d’entre elles, les mâles sont bien plus petits que les femelles. On découvre ainsi que certaines espèces dont on croyait les organismes hermaphrodites ne l’étaient pas mais que le mâle s’accrochait à la femelle et perdait quasiment tous ses organismes. Certains diront sauf le plus important : les testicules. On apprend aussi que presque de la même manière, le mâle de la baudroie, nain lui aussi, s’accroche à elle et se fixe de manière définitive à elle. Les systèmes sanguins des deux organismes fusionnent et le mâle devient dépendant de la femelle et en échange de son maintient en vie, lui donne son matériel génétique.

Dans cette partie Stephen Jay Gould nous parle aussi des parasites et notamment des ichneumons dont une partie de la croissance se passe au sein d’un hôte dont ils se repaissent. Cet état de fait a beaucoup fait réfléchir les ecclésiastes du 18ème et 19ème siècle : comment un Dieu plein de bonté pouvait créer de telles créatures? Ou alors faut-il plutôt voir là l’amour des parents qui cherchent par tous les moyens à assurer la survivance de leurs progénitures ? Finalement : ne doit-il peut-être y avoir aucune morale dans tout cela, ni aucun message quant à l’éthique ?

Dans sa seconde partie, Stephen Jay Gould nous présente un certain nombre de personnes, enfin, surtout de personnalités du monde de la paléontologie. Dans cette partie on en apprend plus sur celui qui fut considéré comme le premier géologue moderne, Sténon. On découvre ainsi comment ses considérations ont abouti aux idées de classifications qui sont aujourd’hui la base d’un certain nombre de spécialités, comme la taxinomie par exemple. On en apprend un peu plus aussi sur le renversement des principes de cause et de conséquence avec la problématique de cause finale et notamment son usage par James Hutton dans son étude de la Terre. Même si ce dernier a utilisé la méthode scientifique pour réaliser ses travaux, il était néanmoins gouverné par ces fameuses causes finales pour diriger ses recherches. On comprend aussi comment Cuvier, au sommet de son art, fut néanmoins éclipsé par Darwin et ses adeptes, malgré une méthode scientifique rigoureuse, parce qu’il était gouverné par des principes créationnistes et catastrophistes. Il reste pourtant l’un de ceux qui mirent en avant la possibilité d’existence d’espèces disparues (une chose impossibles pour les scientifiques de l’époque) et les méthodes d’analyse de fossiles. Il est enfin intéressant d’en apprendre un peu sur cet autre grand naturaliste du 19ème siècle, mais américain celui-là : Agassiz. Pas le tennisman hein. Il a longtemps souhaité montrer que Darwin se trompait et que le créationnisme était la vraie bonne parole. Je vous passe aussi le chapitre sur Lyssenko et Vavilov qui est un bon complément de l’épisode de Podcastscience qu’avait fait Xilrian sur ce premier. Pour ceux qui l’ont écouté c’est un bon complément car plutôt centré sur Vavilov, pour ceux qui ne l’ont pas fait, lisez ce chapitre et écoutez l’épisode ! Ils vont bien ensemble.

Dans sa troisième partie Stephen Jay Gould nous parle des choses qu’il cherche à combattre en biologie : l’adaptationisme à outrance et la démystification de croyances biologiques passées. On en apprend ainsi plus sur les mythes autour de la hyène : un croisement entre un chien et un chat pour certains, un animal qui est hermaphrodite, etc ? Stephen Jay Gould discute ensuite d’un point intéressant : est-ce que des animaux disposent de roue ? C’est vrai que selon certains c’est la meilleure forme pour se déplacer ! Très intéressant et drôle comme chapitre! Il continue ensuite par discuter de l’ADN, de sa répétition dans les chromosomes et les éventuelles raisons qui pourrait expliquer ces répétitions. Il aborde ainsi la question de l’ADN égoïste. Tout ceci vous fait penser aux théories de quelqu’un ? Il essaie de la comparer à celle qui dirait qu’il y a plusieurs niveaux d’évolution et que ce n’est pas juste soit au niveau du gène/ADN ou au niveau de l’individu, mais peut-être à ces deux niveaux en même temps et à d’autres aussi. Les deux chapitres suivants de cette partie traitent des aberrations, comme les chevaux possédant plusieurs doigts, ou les “monstres” comme par exemple ces mouches avec des mutations qui leur font pousser des pâtes à la place des antennes. Stephen Jay Gould explique ce qu’ils représentent pour l’évolution et comment ils trouvent leur place dans ce grand processus.

Dans sa quatrième partie, l’auteur nous parle d’une enquête qu’il a réalisé sur ce que l’on appelle aujourd’hui la supercherie de Piltdown avec un focus tout particulier sur la participation qu’aurait eu, selon lui, Teilhard de Chardin. Je ne connaissais pas cette histoire de supercherie. Il est intéressant de comprendre comment elle s’est construite et les raisons plus profondes de certains scientifiques anglais d’avoir eux aussi un Homme de quelque chose qui remettrait l’Angleterre au centre du jeu. Il est aussi intéressant de découvrir comment Teilhard de Chardin aurait été impliqué dans cette supercherie, lui qui fut le découvreur de l’Homme de Pékin bien plus tard. On découvre d’ailleurs les éléments qu’amena Stephen Jay Gould à propos de l’implication supposée de Teilhard de Chardin et les réactions provoquées par la suite, par forcément toujours positives … Histoire d’expliquer à ceux qui ne connaîtraient pas ses théories, Stephen Jay Gould prend d’ailleurs le temps de les présenter et montrer quel impact elles ont eu sur la société et la réminiscence que l’on peut percevoir dans 2001 l’odyssée de l’espace par exemple.

Dans la cinquième partie, Stephen Jay Gould nous parle des liens entre la science, la politique et la religion. Car l’un des autres combats de l’auteur, était d’arriver à combattre le créationnisme. Il nous parle ainsi du procès de Clarence Darrow et du poids du créationnisme aux États-Unis. On apprend aussi que le flou laissé sur le mot “théorie” aux États-Unis est une des sources classiques qu’utilisent les créationnistes pour semer le trouble sur la Théorie de l’évolution et ce qu’elle est vraiment : non pas une chose qui se doit d’être prouvée, mais un édifice solide sur lequel s’appuie et que consolide pléthore de preuves. Stephen Jay Gould explique d’ailleurs certains des arguments des créationnistes pour remettre en cause cette théorie. Il s’extasie d’ailleurs, si l’on peut dire, du fait que les créationnistes utilisent la théorie des équilibres ponctués qu’il a développé contre lui et l’évolution alors qu’elle ne vient que la compléter ! Stephen Jay Gould continue ensuite en nous expliquant comment les tests de QI et les statistiques ont été utilisés à des fins racistes à l’encontre des juifs notamment aux États-Unis ou comment le recensement a été utilisé comme un outil politique mettant en avant la surreprésentation des aliénés et des malades mentaux chez les populations noires et entre le Nord et le Sud ou entre le centre des villes et leurs périphéries. Certaines conclusions allaient même jusqu’à annoncer que l’esclavage avait été un bienfait pour ces populations …

Dans la sixième partie on en apprend un peu plus sur l’extinction et les théories qui ont existé quand à la présentation de la mort comme une chose que l’évolution pourrait combattre. Stephen Jay Gould commence ainsi par un chapitre plutôt drôle : basé sur certaines lois concernant l’augmentation de la taille, ou la diminution des organismes, il est allé jusqu’à proposer une loi identique pour des friandises ! Il est en effet question de l’extinction et de l’apparition des barres Hershey au cours du temps avec l’évolution des prix associés. Cet essai, plutôt amusant, est parsemé d’exemple de la Nature sur la question et c’est assez rafraichissant. Il est d’ailleurs marrant de voir dans le post-scriptum qu’il constate que ses prédictions se sont vues vérifiées et qu’une Grande Exception est aussi apparue ! Comme quoi les paléontologistes savent aussi bien s’amuser. Dans la suite de cette partie Stephen Jay Gould présente une théorie pour expliquer la grande extinction du Crétacé : celle d’un astéroïde qui aurait frappé la Terre, comme en témoigne les niveaux d’iridium découverts dans les strates géologiques tout en mettant en avant que cette hypothèse serait l’un des éléments majeurs, mais pas le seul de l’extinction observée.

Dans la dernière partie Stephen Jay Gould nous parle des zèbres. Vous allez me dire que le sujet est bien basique par rapport au reste du livre. Mais ceci n’est qu’apparence, car à la question : “Les zèbres sont-ils blancs avec des rayures noires ou noirs avez des rayures blanches?” il n’y a pas de réponse toute faite. Parce qu’il faut déjà savoir ce qu’est un zèbre ! Derrière la question évidente que cette affirmation soulève, Stephen Jay Gould nous explique ce qu’est la cladistique et comment la question paraît plus ardue à répondre que l’on pourrait croire. Il continue ensuite par nous expliquer ce que sont les rayures, sont-elles blanches ou noires et comment apparaissent-elles ? Et pour répondre à la question : ils sont noirs avec des rayures blanches !

En conclusion

En conclusion, que dire sur ce livre ? Déjà : on apprend plein de choses, mais alors plein ! C’est vraiment intéressant, quand, comme moi, on est un peu limite côté biologie et évolution, d’en apprendre tant et de manière si fluide et sans longueur sur des sujets aussi variés : évolution, créationnisme, paléontologie, supercherie, etc.

C’est aussi un ouvrage très bien écrit. Il ne s’agit certes pas de la version originale, mais d’une traduction, cependant, de bonne qualité et je pense que l’on entrevoit quand même le style de Stephen Jay Gould dans la narration et sa manière de présenter les faits.

Il est important de noter que Michel de Pracontal cite un certain nombre de fois ce livre dans son ouvrage “L’imposture scientifique en 10 leçons”, dont je vous ai parlé de le dernier épisode. Il y a de quoi. L’ouvrage cherche à éclairer et à présenter des faits prouvés par la science qui permettent de remettre en cause certains affirmations fausses qui pourraient être faites contre la théorie de l’évolution.

Je dois dire que ce livre m’a donné envie d’en savoir plus sur la théorie de l’évolution, il m’a donné envie de lire plus d’ouvrages de Stephen Jay Gould, des ouvrages de Richard Dawkins et même d’autres qui aborderaient les thèmes chers à Gould.

Un livre qui n’a rien à voir

Contact - crédit goodreads : http://goo.gl/hC9VzO
Contact - crédit goodreads : http://goo.gl/hC9VzO

 

Comme livre qui n’a rien à voir, j’ai décidé de choisir le livre de Carl Sagan : Contact. Carl Sagan est sûrement l’un des scientifiques vulgarisateurs les plus connus. Il est aussi le créateur du SETI ou programme de recherche d’intelligence extra-terrestre. Contact est un livre qui a écrit en 1985 et qui a ensuite été adapté pour le cinéma en 1997 par Robert Zemeckis. On y retrouve notamment Matthew McConaughey et la grande Jodie Foster.

 

On y suit l’histoire d’Ellie Arroway, jeune astronome, dont la vie change radicalement le jour où elle identifie dans les signaux reçus de l’espace ceux d’une intelligence extra-terrestre envoyant le plan de construction d’une machine fantastique qui changera la place de l’Humanité dans le Cosmos.

 

Le film ne suit pas exactement le livre dans tous ces aspects, mais chacun d’entre eux propose une histoire agréable à lire ou à regarder et outre les qualités d’écrivain de Carl Sagan, Jodie Foster propose une interprétation magnifique. C’est bien écrit, intelligent, et cela laisse un souvenir impérissable avec un petit goût de reviens-y. 

Un livre que j’aimerais lire

Comment construire une machine à explorer le temps - crédit amazon.fr : http://goo.gl/EaNHTm
Comment construire une machine à explorer le temps - crédit amazon.fr : http://goo.gl/EaNHTm

 

 

Aujourd’hui, comme livre à lire j’ai trouvé quelque chose dont le nom est plutôt drôle et accrocheur : “Comment construire une machine à explorer le temps?” de Paul Davies. Ce livre, écrit en 2001, décrit comment la réponse à la question est clairement oui! Et l’auteur nous explique comment est-ce que la physique pourrait nous permettre de visiter le futur et explorer le passé. Afin de ne pas être en reste, il donne même un plan en quatre étapes pour construire cette fameuse machine !

 

Je pense que ce livre doit être dans la même veine que “The Physics of Star Trek” de Laurence Krauss ou encore “La SF sous les feux de la science” de Roland Lehoucq, drôle, scientifiquement valide et rafraichissant à lire.

 

Et puis mince ! Le voyage dans le temps les amis ! Avec ça je devrais pouvoir passer moins de temps à rédiger ces épisodes et en faire plus. C’est parfait.

Quote

 

J’ai un petit faible pour Isaac Asimov, alors je vous propose une citation de ce célèbre écrivain et sceptique :

Your assumptions are your windows on the world. Scrub them off every once in a while, or the light won't come in.

Isaac Asimov

Plugs et liens évoqués

Conclusion

Que vous ayez aimé ou pas, surtout, ne restez pas les bras croisés. Inondez-nous de courrier, de commentaires, de like - ou pas - de tweets, de retweets, de clin d’oeils, de cartouche de silicone, c’est toujours utile pour faire un joint à gauche à droite ou l’oeuvre complète de Isaac Asimov si jamais elle ne vous sert que de litière pour votre animal de compagnie.

Vous pouvez ainsi retrouver LisezLaScience sur son site web http://lisezlascience.wordpress.com Vous pouvez aussi me contacter sur twitter sur @LisezLaScience et le podcast est accessible sur podcloud et sur podcastfrance (http://podcastfrance.fr/podcast-lisez-la-science).

Vous pouvez aussi m’envoyer des e-mails à lisezlascience@gmail.com

Vous pouvez d’ailleurs retrouver l’ensemble des livres cités sur la liste goodreads associée à ce podcast sur le compte de LisezLaScience. Les livres seront placés sur des “étagères” spécifiques par épisode et ceux de celui-ci sont sur l’étagère “lls-8”

Prochain épisode

On se retrouve le 02/11 (on sait jamais, je peux peut-être y arriver) pour un nouvel épisode sur Désir d’Infini de Trinh Xuan Thuan.

D’ici là bonne quinzaine à toutes et à tous.

Les références des livres évoqués


  • Quand les poules auront des dents

    • ISBN : 2757824937 (ISBN13 : 978-2757824931)

    • Auteur : Stephen Jay Gould

    • Nombre de pages : 480 pages

    • Date de parution : 23/05/2011 chez Points

    • Prix : 10,10 € chez Amazon ou à la Fnac



  • Darwin et les grandes énigmes de la vie

    • ISBN : 2020069806 (ISBN13 : 978-2020069809)

    • Auteur : Stephen Jay Gould

    • Nombre de pages : 299 pages

    • Date de parution : 01/10/1984 au Seuil

    • Prix : 8,10 € chez Amazon ou à la Fnac



  • Le pouce du panda

    • ISBN : 2757846264 (ISBN13 : 978-2757846261)

    • Auteur : Stephen Jay Gould

    • Nombre de pages : 400 pages

    • Date de parution : 09/10/2014 chez Points

    • Prix : 10,50 € chez Amazon ou à la Fnac



  • Le sourire du flamant rose

    • ISBN : 2020194163 (ISBN13 : 978-2020194167)

    • Auteur : Stephen Jay Gould

    • Nombre de pages : 516 pages

    • Date de parution : 03/02/2000 au Seuil

    • Prix : 10,70 € chez Amazon ou à la Fnac



  • La foire aux dinosaures

    • ISBN : 2020324202 (ISBN13 : 978-2020324205)

    • Auteur : Stephen Jay Gould

    • Nombre de pages : 662 pages

    • Date de parution : 10/09/1997 au Seuil

    • Prix : 10,10 € chez Amazon ou à la Fnac



  • Contact

    • ISBN : 2354081286 (ISBN13 : 978-2354081287)

    • Auteur : Carl Sagan

    • Nombre de pages : 352 pages

    • Date de parution : 04/11/2011 chez Mnémos

    • Prix : 22,30 € chez Amazon ou à la Fnac



  • Comment construire une machine à explorer le temps?

    • ISBN : 286883941X (ISBN13 : 978-2868839411)

    • Auteur : Paul Davies

    • Nombre de pages : 119 pages

    • Date de parution : 29/03/2007 chez EDP Sciences

    • Prix : 14,00 € chez Amazon ou à la Fnac



 

Vous pouvez retrouver la liste des livres dans goodreads à l’adresse suivante : https://www.goodreads.com/review/list/30797714-lisezlascience?shelf=lls-8

Podcast
En cours de lecture

LisezLaScience – HS-2 – Interview sur Scepticisme Scientifique

episode-HS-2-InterviewSurScepticismeScientifique.mp3

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Aujourd'hui encore un épisode hors-série ! Celui-ci est lié à la récente interview par Jean-Michel Abrassart, l'hôte du podcast "Scepticisme Scientifique". Pour ceux qui ne connaissent pas encore (honte à vous), il s'agit d'un podcast très intéressant dans lequel Jean-Michel Abrassart aborde avec ses invités et Nicolas Gauvrit divers sujets du domaine de la Zététique ou du Scepticisme Scientifique et où il cherche à démystifier certains sujets comme le paranormal, l'ufologie, la crypto-zoologie, l'usage des statistiques pour nous faire avaler tout et n'importe quoi. Enfin tout ce qui faut pour qui souhaite avoir une information raisonnée sur la science.

J'espère que je ne trahie pas l'esprit du balado!

J'ai donc eu la chance d'être interviewé par Jean-Michel Abrassart à propos de LisezLaScience pour l'épisode 255 que vous pouvez retrouver ici dans sa version originale : Épisode #255: Lisez la science!

Et sans plus tergiverser, l'épisode!

Podcast
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LisezLaScience - HS-1 - Soirée radio-dessinée au CERN

episode-HS-1-SoireeRadioDessinee_CERN.mp3

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Aujourd’hui l’épisode n’est pas un épisode classique, il s’agit d’un Hors-Série qui va surtout reprendre l’intervention que j’ai pu faire lors de la soirée radio-dessinée organisée par Podcastscience et Xavier Durussel le 23 août au CERN.

J’ai eu l’occasion de présenter quelques livres autour des sciences qui allaient de pair avec les thèmes qui ont été abordés pendant les interventions des membres de podcastscience, et ceux du CERN qui ont participé.

J’espère que ceci vous aidera à patienter avant la sortie de l’épisode 8 qui sera, comme je l’avais expliqué suite au sondage que j’avais fait passé, sur “Quand les poules auront des dents” de Stephen Jay Gould, et pas sur “Désir d’Infini” de Trinh Xuan Thuan. Dans l’épisode 7 j’avais dit que ce serait le sujet de l’épisode 8, mais non, ce sera celui de l’épisode 9!

J’en ai d’ailleurs profité pour vous ajouter deux trois autres livres dans l’étagère correspondante sur GoodReads. Have fun reading science !

Les références des livres évoqués

  • À la recherche du Boson de Higgs
    • ISBN : 2290054003 (ISBN13 : 978-2290054000)
    • Auteur : Christophe Grosjean et Laurent Vacavant
    • Nombre de pages : 95 pages
    • Date de parution : 05/04/2013 chez J’ai Lu
    • Prix : 3,00 € chez Amazon et à la Fnac
  • L’imposture scientifique en 10 leçons
    • ISBN : 2020639440 (ISBN13 : 978-2020639446)
    • Auteur : Michel de Pracontal
    • Nombre de pages : 378 pages
    • Date de parution : 08/04/2005 chez le Seuil
    • Prix : 9,60 € chez Amazon ou la Fnac
  • La Réalité cachée : Les univers parallèles et les lois du cosmos
    • ISBN : 2221109945 (ISBN13 : 9782221109946)
    • Auteur : Brian Greene, Traduction : Célien Laroche
    • Nombre de pages : 509
    • Date de parution : 25/10/2012 chez Robert Laffont
    • Prix : 23,50 € et constaté à 22,33€ chez Amazon ou encore la Fnac
  • L’Univers des nombres : De l’Antiquité à Internet
    • ISBN : 2875151835 (ISBN13 : 9782875151834)
    • Auteur : Hervé Lehning
    • Nombre de pages : 320 pages
    • Date de parution : 24/04/2013 chez Ixelle Éditions
    • Prix : 19,90 € et constaté à 18,91 € chez Amazon et la Fnac

Vous pouvez retrouver la liste des livres dans goodreads à l’adresse suivante : https://www.goodreads.com/review/list/30797714-lisezlascience?shelf=lls-hs-1

Podcast
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LisezLaScience – 7 – L’Imposture Scientifique en dix leçons de M. de Pracontal

episode-7-LImpostureScientifiqueEn10Lecons.mp3

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Le dernier épisode a traité du livre “Laser: 50 ans de découvertes” de Fabien Bretenaker et Nicolas Treps. Avec eux nous avons appris quasiment tout ce qui est possible de savoir à propos des lasers et de leurs applications, de celles que nous rencontrons dans notre vie de tous les jours à celles incroyables des laboratoires de recherche dans le travaux de pointe sur la fusion, la chimie, etc.

Aujourd’hui nous allons parler du livre de Michel de Pracontal “L’imposture scientifique en dix leçons”. J’en avais parlé dans l’épisode 5 de LisezLaScience comme un livre que j’aimerais lire. Et bien je l’ai lu ! Grâce à ce livre on se retrouve plongé dans cette zone grise de la science où il est parfois compliqué de prime abord de savoir à quoi l’on a affaire: science, pseudo-science, charlatanisme, manipulation politico-industrielle ? C’est de tout cela dont nous parle Michel de Pracontal, et à propos duquel il nous entraîne à mieux comprendre ce qu’il en a été d’évènements passés important et à mieux les identifier (les manipulations) quand ils surgiront peut-être demain.

L'imposture scientifique en dix leçons - crédit : http://www.amazon.fr - http://goo.gl/mJJ9wE
L'imposture scientifique en dix leçons - crédit : http://www.amazon.fr - http://goo.gl/mJJ9wE

Sommaire

  • Quelques mots sur Michel de Pracontal
  • Le livre “L’imposture scientifique en 10 leçons”
  • Un livre qui n’a rien à voir
  • Un livre que j’aimerais lire
  • Une quote
  • Plugs

Un auteur

Michel de Pracontal - crédit : http://nouvelobs.com - http://goo.gl/fwgKci
Michel de Pracontal - crédit : http://nouvelobs.com - http://goo.gl/fwgKci

Michel de Pracontal est un journaliste qui publie des articles aujourd’hui principalement pour Médiapart où il possède notamment un blog. En tant que spécialiste des sciences et de vulgarisation il y opère en décryptant des sujets scientifiques, des idées reçues et il rend les concepts et les théories compréhensibles aux simples mortels que nous sommes tous face à ces sujets, parfois polémiques, qui défrayent chaque jour un peu plus la chronique dans les médias en quête de sensationalisme.

Michel de Pracontal est cannois de naissance. Né en 1954, il possède une formation scientifique avec notamment une maîtrise en mathématiques. Sûrement rapidement attiré par la vulgarisation et le journalisme scientifique il obtient aussi un doctorat en science de l’information sur la vulgarisation scientifique.

Médiapart n’est pas le premier média pour lequel il a travaillé. Il a aussi en effet publié pour Science et Vie, L’évènement du Jeudi (pour lequel il avait d’ailleurs couvert l’histoire du sang contaminé) et pour le Nouvel Observateur pendant presque 20 ans (de 1990 à 2009).

Mais Michel de Pracontal ne s’est pas arrêté au journalisme et il a aussi été essayiste et romancier. À son crédit on peut citer les ouvrages suivants : “La Mémoire de l’eau” (un livre de vulgarisation paru en 1990 chez La Découverte), “La femme sans nombril” (un polar publié au Cherche Midi en 2005), “Les gènes de la violence” (autre polar publié en 2008 chez le même éditeur), “Kaluchua  - Cultures, techniques et traditions des sociétés animales” (un livre de vulgarisation publié chez le Seuil en 2010) ou encore, le livre dont nous allons parler aujourd’hui : “L’imposture scientifique en 10 leçons” publié chez La Découverte en 2001.

Comme on peut déjà le pressentir avec ces différents ouvrages dont il est l’auteur, Michel de Pracontal est un amateur des sciences au sens large. C’est une chose que l’on retrouve d’ailleurs dans les sujets qu’il aborde dans ses articles pour Médiapart ou sur son blog : biologie, évolution, météorologie, neuro-sciences, rien ne l’arrête et il arrive à parler de ces sujets sans perdre son lectorat. Qualité incomparable pour quelqu’un qui cherche à vulgariser les sciences pour aider le quidam à s’y retrouver et à ne pas se faire berner par des imposteurs.

Un livre

Avant-propos

Avant de lire ce livre, je ne m’étais pas rendu compte à quel point “L’Imposture scientifique en 10 leçons” de Michel de Pracontal était une oeuvre qu’il était indispensable de connaître quand on s’intéresse aux sciences et au traitement qui leur est offert par la société et les médias.

Le style de Michel de Pracontal peut paraître déroutant au premier abord (j’ai été dérouté pour ma part lors de la lecture des premières pages), car il alterne un ton moqueur voire sarcastique dans certains cas (quand les sujets sont légers) avec un ton strict, méthodique et implacable (quand il s’agit d’énoncer des faits et de révéler des impostures qui ont détruit des vies). Il sait aussi garder un fil conducteur entre toutes les impostures qu’il met en lumière (et je ne parle pas ici de cette histoire récurrente d’hémorroïdes) avec cette idée que la science est parfois utilisée à de mauvaises fins en ne servant que de prétexte pour des idées plus noires.

Il est bon de noter que la version que j’ai entre mes mains est la version revisitée de 2001. La première édition était sortie en 1986 et celle-ci ajoute un grand nombre de mises à jour et de nouveaux faits concernant des impostures qui ont été révélées entre temps.

La revue

Michel de Pracontal débute son livre avec tout un passage sur le fait que les imposteurs de la science sont là pour révéler la vérité sur les vraies questions que l’Humanité se pose. Et on comprend que la science ne répond qu’aux questions qu’elle peut tester dans le monde réel par l’expérience et pas à des questions qui restent sans réponse testée, validée et approuvée. On découvre aussi que souvent les imposteurs justifient leurs théories en supposant des causes qui vont permettent d’aboutir à ce qu’ils veulent trouver. Quoi de mieux pour justifier quelque chose que d’en supposer la cause après tout? Qu’elle soit aussi peut existante que le résultat n’est pas grave d’ailleurs … Ces imposteurs sont d’ailleurs capables de tout relier, dans une théorie holiste dont personne n’aurait compris l’existence avant eux et ceci même si ils n’ont pas de preuve “en béton” pour le prouver. Ceci fait d’ailleurs souvent d’eux, les nouveaux Gallillée, Einstein ou Darwin (et ceci même si ils cherchent à les détruire soit-dit en passant).

Dans sa leçon suivante, Michel de Pracontal donne différents exemples qui naviguent du loufoques au très sérieux (et dangereux) comme par exemple les Isolation Tanks de John Lilly permettant de réaliser des Out Of Body Experiences. Richard Feynman en parle d’ailleurs dans son livre “Surely, you’re joking Mister Feynman où il explique son expérience de ces Isolation Tanks et ce qu’il a ressenti.

De cet exemple Michel de Pracontal ressort différentes règles qu’il arrive à valider avec les autres cas qu’il décrit comme par exemple l’usage du QI pour la sélection des immigrants en Angleterre ou aux États-Unis (halluciant), ou pire, pour la stérilisation des plus “bêtes et ignares” aux États-Unis (encore plus dingue).

Dans la troisième leçon, Michel de Pracontal aborde un sujet cher à certains des Alter-scientifiques que décrit Alexandre Moatti dans son livre au nom quasiment éponyme “Alterscience” : le rejet de la science dite “officielle”. On découvre ainsi des théories aussi variées que farfelues à propos de l’évolution de la Terre, la sempiternelle remise en cause des idées de Darwin à propos de l’évolution et de la sélection naturelle ou encore la magnifique mémoire de l’eau. “Découverte”, et je mets des guillemets, du Docteur Benveniste qui revient encore aujourd’hui à la télé avec un reportage passé sur France 5 un soir très tard dont j’ai vu la fin vers 1h du matin une nuit où je ne dormais pas dans lequel le fait Luc Montagnier s’y intéresse justifie la véracité de ce qui est expliqué dans le documentaire.

Dans la quatrième leçon on apprend que les imposteurs s’adressent plutôt à leurs concitoyens à travers des médias de masse comme la télé par exemple, plutôt qu’à leurs pairs à travers des revues à comité de lecture. Parfois cela vient du fait que les scientifiques remettraient en cause ce qui est dit et qu’il serait dommage de devoir justifier ce qui ne peut l’être. D’autres fois c’est pour poursuivre une quête de reconnaissance qu’il est compliqué d’acquérir avec les pairs et de pouvoir affirmer au monde qu’on est le meilleur.

On découvre ainsi comme a été annoncée l’histoire de la Fusion Froide découverte par Fleischmann et Pons et comment le soufflet est retombé. Enfin pas complètement, il existe encore aujourd’hui des conférences sur le sujet malgré les preuves d’impossibilité du phénomène présenté qui ont été données de par le monde depuis. On peut aussi s’interroger, comme le fait Alexandre Moatti, dans son livre que des hommes politiques de la stature de Kofi Annan, à l’époque où il était secrétaire général de l’ONU, puissent tomber dans de telles supercheries.

Quand on arrive à la cinquième leçon on apprend aussi qu’une bonne façon de devenir un imposteur en science est tout simplement de modifier les faits pour qu’ils collent à la théorie. Michel de Pracontal en parlait déjà dans une leçon précédente concernant le QI, il en parle ici plus précisément concernant l’histoire de l’Homme de Piltdown découvert en Angleterre par Charles Dawson, Arthur Smith Woodward et aussi Pierre Teilhard de Chardin. Enfin découvert. Plutôt inventé! Car il s’est finalement avéré que les preuve fournies étaient fausses. Michel de Pracontal fait d’ailleurs extensivement référence à l’ouvrage de Stephen Jay Gould où ce dernier traite longuement du sujet : “Quand les poules auront des dents”.

Autre fait intéressant associé, on découvre aussi les manipulations sur les données qui ont été réalisées autour des recherches de Mendel concernant les gènes qu’il réalisa grâce à l’étude de caractères morphologiques des pois et leur transmission. C’est un point que Vincent Guidice décrit d’ailleurs assez bien dans l’épisode 161 de Podcastscience sur l’ADN qu’il avait réalisé. Les données étaient ici à priori modifiées pour coller au mieux à la théorie. Mais à la différence de l’Homme de Piltdown, ici la théorie était correcte. Je vous laisse écouter le podcast pour en savoir plus.

Dans la sixième leçon, Michel de Pracontal prend du temps pour nous parler de l’histoire du SIDA et du sang contaminé qu’il couvrit pour le compte de l’Évènement du Jeudi pour lequel il travaillait à l’époque de l’affaire en temps que chroniqueur scientifique. Il nous explique en détail la découverte de la maladie, le travail des équipes américaines et notamment celle menée par Bob Gallo et celle de l’équipe française de Luc Montagnier, François Barré-Sinoussi et consort. On apprend les coups sous la ceinture qui ont été donnés, comment la politique s’en est mêlée autant aux États-Unis qu’en France (avec un impact plus négatif en France). Robert Gallo ne semble pas tout blanc dans son traitement des échanges qu’il a pu avoir avec l’équipe française quand à la découverte du SIDA et de l’annonce correspondante.

Et puis il y a les tests de dépistage. Parce que découvrir le SIDA en laboratoire c’est bien. Pouvoir dépister les porteurs du virus pour qu’ils puissent recevoir des traitements qui restent encore à mettre en place et limiter la propagation du SIDA sont des choses indispensables. Pour une problématique de santé publique, mais aussi et surtout pour une problématique industrielle et financière. Et malheureusement c’est cette dernière qui va être retenue et qui va mener à l’affaire du sang contaminé en France. Michel de Pracontal explique en effet (ou tout du moins c’est ce que j’ai compris) que le retard de l’Institut Pasteur par rapport aux américains dans la mise au point d’un test fonctionnel, vendable et dont la production serait industrialisable, à empêcher le dépistage de poches de sang contaminées par le VIH, malgré le fait que le Centre National de Transfusion Sanguine sache qu’un risque existât à l’époque.

Dans la septième leçon, Michel de Pracontal nous parle du lien qu’il existe entre certains imposteurs scientifiques et la religion. On apprend comment certains phénomènes poussent certaines personnes à supposer des choses impossibles afin de faire rentrer des carrés dans des ronds avec la science et la religion. Que ce soit en biologie avec les notions de plan de construction pour les êtres vivants, le Tao de la Physique de Frank Capra, l’Ordre impliqué remise au goût du jour grâce à la notion d’Univers Holographique, l’hypothèse Gaïa de Lovelock, la Noogenèse de Teilhard de Chardin, ou encore le principe anthropique avec l’Homme comme objectif de l’Univers.

Avec sa huitième leçon, Michel de Pracontal nous plonge dans le monde fantastique du paranormal que décortique d’ailleurs avec succès Jean-Michel Abrassart dans son podcast “Scepticisme Scientifique”. On découvre ainsi l’histoire d’Eusapia Palladino, qui savait faire voler des tables et qui en aura mystifié plus d’un grâce à ses prétendus pouvoir spiritiques. Ou encore Joseph Rhine et la parapsychologie qu’il tenta de rendre scientifique tout en se faisant, selon les mots même de Pracontal, “rouler dans la farine par des collaborateurs sans scrupules”. Michel de Pracontal présente d’ailleurs les travaux réalisés par Henri Broch sur le psi et le fait que plus on fait d’étude, moins il existe (ou plus on se rend contre des supercheries peut-être ?). Il est d’ailleurs intéressant de voir comment l’aspect non-intuitif de la mécanique quantique a fait ressusciter certaines théories paranormales qui voit dans cette physique déroutante la source de tout ce que ces théories n’arrivaient pas à prouver jusque-là. Ceci malgré le fait que la plupart des physiciens rapprochent l’idée des psiristes selon laquelle l’esprit pourrait influencer les mesures réalisées à celle “des tables tournantes du XIXème siècle”.

Dans sa neuvième leçon, Michel de Pracontal présente l’un des plus importants ressorts des imposteurs : l’usage exagéré de termes scientifiques à tout va, créant un galimatias incompréhensibles qui permet de couvrir d’une couche scientifique un discours qui s’avère, au mieux vide de sens, au pire totalement faux et contraire à ce que la science énonce comme faits prouvés par l’expérience. Ainsi on navigue entre mots ayant des doubles sens, métaphores abusives, analogie incongrues, référence au sens commun pour justifier n’importe quoi, utilisation de termes du langage courant dans des sciences qui leur donnent un sens tout autre. Michel de Pracontal fait d’ailleurs référence au livre “L’âge du capitaine” de Stella Baruk concernant le cas particulier des mathématiques pour ce dernier point.

Michel de Pracontal fait aussi référence au fameux article d’Alain Sokal qu’il avait fait publié dans une revue américaine nommée SocialText malgré le fait qu’il fut vide de sens et rempli de termes utilisés de manière abusive. Le but de l’article de Sokal était justement de démontrer les torts possibles quand la science est utilisée pour donner une assurance de valeur. C’est d’ailleurs quelque chose qu’Alain Sokal et Jacques Bricmont ont par la suite dénoncé (l’usage par l’article) dans un ouvrage intitulé “Impostures intellectuelles” qu’il me semble indispensable d’ajouter à ma liste de lectures.

Dans la dernière leçon de son ouvrage, Michel de Pracontal nous parle de la non-réfutabilité des théories des imposteurs scientifiques. Il ne faudrait pas en effet qu’ils puissent être remis en cause! Il parle ainsi de ce que Karl Popper appelle la réfutabilité. Que l’expérience ne suffit pas et que par exemple un mauvaise prédiction en astrologie n’invalide par, selon les tenants de cette pseudo-science, les principes sur laquelle elle est basée. Termes vagues, raison cachée non prise en compte, etc il y a forcément quelque chose qui va permettre de retomber sur ses pattes. Mais il faut faire attention, il existe en science de vraies théories qui ne sont pas pour autant réfutable, et la Théorie des Cordes en est un bon exemple. Pour l’instant les développements théoriques réalisés ne permettent pas de la tester pour la valider ou l’invalider. Ceci n’en fait pas, bien sûr, une théorie aussi farfelue que l’astrologie, car elle n’est pas impossible dans le principe. Elle englobe les théories physiques actuelles et repose sur de solides édifices mathématiques. Michel de Pracontal pointe ensuite le fait qu’il existe des domaines de recherche qui ne peuvent pas être jugées à l’aune des critères de Popper comme l’Histoire par exemple. Pour citer Pracontal : “Le modèle des sciences de la nature ne s’applique pas à toutes les formes de connaissances et de théories”.

Une question reste en suspend : une autre science reste-t-elle possible ? Selon les pseudo-scientifiques ou les alter-scientifiques : oui. Mais c’est là la graine qui nourrit les imposteurs, car finalement, si tout ceci devient prouvé, ceci devient une science … Pour paraphraser Groucho Marx et citer Michel de Pracontal, “l’imposteur scientifique ne voudrait pour rien au monde faire partie d’un club scientifique qui serait disposé à l’accepter comme membre”.

En conclusion

Après la lecture de ce livre, j’ai pu découvrir qu’il fait partie des fondamentaux de beaucoup quand à la critique (dans son sens le plus classique) de la science d’hier et d’aujourd’hui. J’ai appris énormément sur tous ces moments de l’Histoire de la Science où certains ont tenté d’apporter des choses, bonnes ou mauvaise avec la science comme arme. Sur leurs méthodes, sur les résultats bons ou mauvais qui en sont ressortis. On grandit en tant que citoyen baignant dans cet univers trop complexe pour être compris, mais indispensable à nos vies.

Et, outre la lecture même du livre qui donne une vision, non pas pessimiste, mais équivalent à celle d’un néon blanc qui révèlerait les failles et le teint blafard de certaines facettes de ce que l’on appelle de la science au sens large, ces différentes histoires me font dire qu’il est très complexe de se faire une idée concrète d’un sujet sans faire des recherches extensives sur ce à quoi l’on s’intéresse. Il est en effet très rapide de se faire berner par des imposteurs en mal de reconnaissance, par des scientifiques de qualité qui se sont fait bernés ou qui auraient besoin de recouvrer un prestige disparu avec les années ou jamais atteint.

Cela me laisse une sorte d’amertume car ce livre révèle ce qu’est finalement une facette de la  science et son traitement et retire ce vernis qu’on nous fait lui donner à travers les merveilles qu’elle a pu réaliser.

Ne vous méprenez pas, c’est un très bon livre et une œuvre indispensable à lire, mais elle aura tendance à remuer certaines de vos préconceptions ou idées et d’éclairer certains évènements sous un regard nouveau et implacable.

Ce livre fait partie d’une sorte de corpus (avec “Denialism” de Michael Specter, “Alterscience” de Alexandre Moatti, “La croyance au paranormal: Facteurs prédispositionnels et situationnels” de Jean-Michel Abrassart et d’autres bien sûr) qui est un mal nécessaire pour toute personne souhaitant pouvoir comprendre ce qui est réellement scientifique, et ce qui ne l’est pas. La science est en effet devenue le cœur de toutes les avancées technologiques et presque sociétales de notre temps et il ne fait pas oublier ou se situe la limite que certains voudraient voir disparaître (consciemment ou non) entre science, pseudo-science, alter-science, science-fiction, fantastique, miracles, etc.

Un livre qui n’a rien à voir

La Nuit des Temps - crédit : goodreads.com - http://goo.gl/JUvtSI
La Nuit des Temps - crédit : goodreads.com - http://goo.gl/JUvtSI

 

Comme livre qui n’a rien à voir, j’ai décidé de choisir l’un des romans les plus connus de René Barjavel : La nuit des temps. Il s’agit selon moi d’un chef d’œuvre du fantastique paru en 1968 aux Presses de la Cité. On peut d’ailleurs le retrouver en poche pour ceux qui préfèreraient un format plus petit.

L’histoire est celle d’un journaliste qui participe à la couverture d’une découverte sensationnelle au pôle sud : la découverte d’une anomalie sous la glace et qui s’avère être une capsule ayant plus de 400000 ans et hébergeant deux personnes : une homme et une femme. La femme est réveillée et elle fait découvrir un monde inconnu où les règles sont différentes, la science plus avancée qu’aujourd’hui et le véritable amour impossible. René Barjavel nous raconte cette histoire de manière haletante, en mélangeant histoire d’amour, science-fiction et il nous livre ici un chef d’œuvre de la littérature fantastique du XXème siècle. Pour vous dire à quel point ce livre se dévore : j’ai du lire les presque 400 pages de ce livre en un peu plus de 3 heures. Et ceci plusieurs fois … Je ne peux donc que vous le recommander très chaudement !

Un livre que j’aimerais lire

Gödel Escher Bach : Les brins d'une guirlande éternelle - crédit : amazon.fr - http://goo.gl/rl5gIv
Gödel Escher Bach : Les brins d'une guirlande éternelle - crédit : amazon.fr - http://goo.gl/rl5gIv

 

À force d’écouter des épisodes de Podcastscience où les mathématiciens en chef que sont NicoTupe et Robin parlent du livre “Gödel Escher Bach : Les brins d’une Guirlande Éternelle” ou GEB pour les intimes, de Douglas Hofstadter, je me dis de plus en plus que je ne peux pas y échapper et qu’il va falloir que je le lise à un moment ou à un autre. De ce que je peux comprendre des résumés, ce livre est culte, et ce pour une très bonne raison : il est capable d’embrasser différents domaines de la science et de montrer de quelle manière les mathématiques permettent de les relier de manière harmonieuse et notamment comment, et c’est ce qui fait le nombre du livre, on peut relier la musique de Bach, les gravures d’Escher et la logique mathématique sur laquelle travaillait Gödel.

Un programme pour le moins alléchant ! Ce livre intègre donc la longue liste de livre que j’aimerais vraiment lire. Ne vous y trompez pas, il ne s’agit pas juste de le lire pour l’avoir fait, mais de le lire pour mieux comprendre le monde qui nous entoure.

Quote

Quoi de mieux qu’une citation de monsieur Karl Popper  en ce qui concerne la science, les impostures et un moyen de réfuter la non-science ?

Our knowledge can only be finite, while our ignorance must necessarily be infinite.

Karl Raimund Popper

Essay, 'On the Sources of Knowledge and of Ignorance', in Conjectures and Refutations: The Growth of Scientific Knowledge (1962), 28.

Plugs et liens évoqués

Conclusion

Que vous ayez aimé ou pas, surtout, ne restez pas à regarder les championnats d’Europe d’Athlétisme. Envoyez-moi des courrier, des commentaires, de like sur la page Facebook, des tweets, des retweets, de l’enduit à joint, j’en ai besoin pour finir de plâtrer un mur ou l’oeuvre complète de Jean-Paul Delahaye si jamais vous avez assez des livres bien écrits.

Vous pouvez retrouver LisezLaScience sur son site web http://lisezlascience.wordpress.com et vous pouvez me contacter sur twitter sur @LisezLaScience ou sur la page Facebook associée https://www.facebook.com/LisezLaScience et le podcast est accessible sur podcloud http://lisezlascience.podcloud.fr/ et sur podcastfrance  http://podcastfrance.fr/podcast-lisez-la-science .

Vous pouvez aussi m’envoyer des e-mails à lisezlascience@gmail.com

Vous pouvez d’ailleurs retrouver l’ensemble des livres cités sur la liste goodreads associée à ce podcast sur le compte de LisezLaScience. Les livres seront placés sur des “étagères” spécifiques par épisode et ceux de celui-ci sont sur l’étagère “lls-7”

Prochain épisode

On se retrouve le 31/08/2014 pour un nouvel épisode sur “Désir d’Infini” de Trinh Xuan Thuan.

D’ici là bonne quinzaine à toutes et à tous.

Les références des livres évoqués

  • La Mémoire de l’eau
    • ISBN : 270711894X (ISBN13 : 978-2707118943)
    • Auteur : Michel de Pracontal
    • Nombre de pages : 227 pages
    • Date de parution : 02/03/1999 chez La Découverte
    • Prix : 15,00 € chez Amazon ou 27,00 € à la Fnac
  • La femme sans nombril
    • ISBN : 2749103517 (ISBN13 : 9782749103518)
    • Auteur : Michel de pracontal
    • Nombre de pages : 229 pages
    • Date de parution : 01/02/2005 chez Le Cherche Midi
    • Prix : 2,79 € chez Amazon ou 3,70 € chez la Fnac
  • Les gènes de la violence
    • ISBN : 2749111137 (ISBN13 : 9782749111131)
    • Auteur : Michel de Pracontal
    • Nombre de pages : 285 pages
    • Date de parution : 09/10/2008 chez Le Cherche Midi
    • Prix : 24,00 € chez Amazon ou la Fnac
  • Kaluchua  - Cultures, techniques et traditions des sociétés animales
    • ISBN : 2020513064 (ISBN13 : 9782020513067)
    • Auteur : Michel de Pracontal
    • Nombre de pages : 187 pages
    • Date de parution : 14/10/2010 chez le Seuil
    • Prix : 17,20 € chez Amazon ou la Fnac
  • L’imposture scientifique en 10 leçons
    • ISBN : 2020639440 (ISBN13 : 978-2020639446)
    • Auteur : Michel de Pracontal
    • Nombre de pages : 378 pages
    • Date de parution : 08/04/2005 chez le Seuil
    • Prix : 9,60 € chez Amazon ou la Fnac
  • Surely you’re joking Mister Feynman
    • ISBN : 0393316041 (ISBN13: 9780393316049)
    • Auteur : Richard P Feynman
    • Nombre de pages : 350 pages
    • Date de parution : 12/05/1997 chez W. W. Norton & Company
    • Prix : 13, 26 € chez Amazon ou 7,98€ chea la Fnac
  • Alterscience. Postures, Dogmes, Idéologies
    • ISBN : 2738128874 (ISBN13 : 9782738128874)
    • Auteur : Alexandre Moatti
    • Nombre de pages : 336 pages
    • Date de parution : 17/01/2013 chez Odile Jacob
    • Prix : 23,90 € chez Amazon ou la Fnac
  • Quand les poules auront des dents
    • ISBN : 2020128861 (ISBN13: 9782020128865)
    • Auteur : Stephen Jay Gould
    • Nombre de pages : 478 pages
    • Date de parution : 17/05/1991 chez le Seuil
    • Prix : 10,10 € chez Amazon ou la Fnac
  • L’âge du capitaine
    • ISBN : 2020183013 (ISBN13: 9782020183017)
    • Auteur : Stella Baruk
    • Nombre de pages : 355 pages
    • Date de parution : 01/01/1998 chez le Seuil
    • Prix : 8,10 € chez Amazon ou la Fnac
  • Impostures Intellectuelles
    • ISBN : 2738105033 (ISBN13 : 978-2738105035)
    • Auteur : Alain Sokal, Jean Bricmont
    • Nombre de pages : 276 pages
    • Date de parution : 02/10/1997 chez Odile Jacob
    • Prix : 22,90 € chez Amazon ou la Fnac
  • La croyance au paranormal: Facteurs prédispositionnels et situationnels
    • ISBN : 613154901X (ISBN13: 9786131549014)
    • Auteur : Jean-Michel Abrassart
    • Nombre de pages : 104 pages
    • Date de parution : 19/11/2010 chez Editions Universitaires Europeennes
    • Prix : 39,00 € chez Amazon
  • Denialsm : How Irrational Thinking Hinders Scientific Progress, Harms the Planet, and Threatens Our Lives
    • ISBN : 1594202303 (ISBN13: 9781594202308)
    • Auteur : Michael Psecter
    • Nombre de pages : 304 pages
    • Date de parution : 26/10/2010 chez Penguin Books
    • Prix : 12,48 € chez Amazon ou 6,65 € chez la Fnac
  • La Nuit des Temps
    • ISBN : 2266023039 (ISBN13: 9782266023030)
    • Auteur : René Barjavel
    • Nombre de pages : 394 pages
    • Date de parution : 01/01/1988 chez Pocket
    • Prix : 7,30 € chez Amazon ou la Fnac
  • Gödel Escher Bach : Les brins d’une Guirlande Éternelle
    • ISBN : 2100523066 (ISBN13: 978-2100523061)
    • Auteur : Douglas Hofstadter, Traducteurs : Jacqueline Henry, Robert French
    • Nombre de pages : 883 pages
    • Date de parution : 05/11/2008 chez Dunod
    • Prix : 50,00 € chez Amazon ou la Fnac

Vous pouvez retrouver la liste des livres dans goodreads à l’adresse suivante : https://www.goodreads.com/review/list/30797714-lisezlascience?shelf=lls-7

 

Podcast
En cours de lecture

LisezLaScience - 6 - Laser : 50 ans de découvertes

episode-6-Lasers50ansDeDecouvertes.mp3

episode-6-Lasers50ansDeDecouvertes.mp3

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[audio https://ia902502.us.archive.org/21/items/LLS-6-Lasers50ansDeDecouvertes/episode-6-Lasers50ansDeDecouvertes.mp3]

Il y a deux semaines, Clifford Pickover nous a emmené à travers 12 000 ans d’histoire de la médecine avec “Le Beau Livre de la Médecine : Des sorciers guérisseurs à la microchirurgie”. Nous avons appris comment cette science s’est développée et nous avons pu découvrir l’histoire de certains hommes et femmes qui ont cherché à comprendre et soigner les maux qui ont émaillés l’Histoire de l’Humanité.

Cette semaine, nous allons parler d’un domaine bien différent : La physique des lasers et leurs applications avec “Laser : 50 ans de découvertes”. Ce livre a été coordonné par Fabien Bretenaker et Nicolas Treps afin de nous faire découvrir le principe de fonctionnement des lasers ainsi que leurs utilisations, en allant de celles de tous les jours à celles que l’on ne pourrait même pas imaginer!

Laser : 50 ans de découvertes de F. Bretenaker et N. Treps. Crédits goodreads : http://goo.gl/7sspwU
Laser : 50 ans de découvertes de F. Bretenaker et N. Treps. Crédits goodreads : http://goo.gl/7sspwU

Sommaire

  • Quelques mots sur Fabien Bretenaker et Nicolas Treps
  • Le livre “Laser : 50 ans de découvertes”
  • Un livre qui n’a rien à voir
  • Un livre que j’aimerais lire
  • Une quote
  • Plugs

Un auteur

Fabien bretenaker. Crédit : france culture. http://goo.gl/w9xpvw
Fabien bretenaker. Crédit : france culture. http://goo.gl/w9xpvw
Nicolas Treps. Crédit : france culture. http://goo.gl/SLKhwM
Nicolas Treps. Crédit : france culture. http://goo.gl/SLKhwM

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fabien Bretenaker et Nicolas Treps sont tous deux des scientifiques de haute volée comme on en rencontre peu. Tous les deux issus de l’École Polytechnique, ils ont chacun réalisé des thèses, puis des recherches dans le domaine très large des lasers et de l’optique.

Fabien Bretenaker de son côté est aujourd’hui Directeur de Recherche au CNRS. Né à Metz en 1966, son parcours scientifique commence ainsi à l’École Polytechnique où il va notamment réaliser un DEA sur les lasers. Une fois obtenu, il réalisera une thèse CIFRE (à moitié dans le public, et à moitié dans une entreprise) à Rennes en lien avec la société Sagem. Une fois sa thèse soutenue en 1992, il poursuit quelques années chez Sagem avant d’entrer au CNRS en 1994 en tant que chargé de recherches dans le laboratoire où il avait réalisé sa thèse. Dix ans plus tard, il intègre le laboratoire Aimé Cotton de l’Université Paris Sud et il participe depuis 2005 à divers cours et notamment sur la physique des lasers du tronc commun du M2 « Lasers et matière » de l’École Polytechnique. Ses travaux de recherche couvrent différents domaines de la physique et plus particulièrement de l’optique avec des applications dans des domaines aussi variés que l’informatique quantique ou l’usage des lasers dans les radars.

Au cours de sa carrière, il a publié de nombreux articles touchant ces technologies de près ou de loin, il a aussi été auteur ou co-auteur de cinq brevets et reçu un certain nombre de distinctions dont notamment : le prix Fabry de Gramont de la Société Française d’Optique en 1992 mais aussi le prix IBM « Jeune chercheur » de la Société Française de Physique en 1993, ainsi que le prix Fresnel de la Société Européenne de Physique en 2000. Vous allez me dire que je ne choisis que des livres dont les auteurs sont sérieux et distingués de toutes parts. Oui. Étonnamment ils sont de meilleure qualité que ceux écrits par des arrivistes.

De son côté Nicolas Treps, plus jeune, ne démérite absolument pas ! Aussi élève de l’École Polytechnique dont il est sorti en 1994, il a réalisé son DEA à l’ENS et a enchaîné avec une thèse, bien sûr sur le thème des lasers, qu’il a réalisé au Laboratoire Kastler Brossel en 2001. Aujourd’hui il est Maître de Conférences à l’Université Pierre et Marie Curie au sein de ce laboratoire où il travaille notamment sur les propriétés quantiques de la lumière ou encore les mesures de très grande sensibilité.

Tout comme Fabien Bretenaker, les grands esprits se rencontrent il faut croire, il a remporté le prix Fabry de Gramont de la Société Française d’Optique en 2010. Il a aussi reçu un autre prix en 2013, le prix Jean Jerphagnon pour récompenser son esprit d’entrepreuneuriat et sa volonté, en tant que chercheur reconnu mondialement, de transférer des résultats de recherche dans le monde de l’entreprise. Il a en effet créé une société nommée CAILabs pour valoriser certains de ses résultats de recherche.

Histoire de bien finir, ces deux messieurs ont reçu le prix Arnulf Françon 2011 qui vise à récompenser des ouvrages dédiés à l’enseignement de l’optique dans le supérieur.

Du lourd quoi.

Un livre

Avant-propos

Alors attention, je viens juste de dire que ce livre a été récompensé pour sa capacité à servir de support pour l’enseignement de l’optique dans le supérieur. Oui. Mais c’est surtout un fabuleux livre de vulgarisation, très accessible, sur l’optique et les lasers. On peut comprendre ce que les auteurs nous expliquent. Pour avoir commencé un “Que sais-je?” sur les lasers qui date de fin 70 auquel j’ai pas compris grand chose, je peux vous l’assurer !

Fabien Bretenaker et Nicolas Treps ont d’ailleurs su s’entourer d’un grand nombre de contributeurs, près d’une quinzaine, afin de faire émerger un ouvrage de très haute tenue et réalisé par les personnes les plus compétentes dans leurs domaines respectifs.

D’ailleurs, histoire de ne pas bouder son plaisir, cet ouvrage est aussi une contribution forte de la Société Française d’Optique: Michèle Leduc et Emmanuel Rosencher, respectivement Vice-Présidente et Président sortant de la SFO, ont en effet été d’une grande aide aux deux auteurs pour la réalisation de ce livre.

Pour finir : les deux auteurs se sont payés le luxe d’une préface par Charles H. Townes, qui n’est rien de moins que l’un des inventeurs du masers, un laser mais avec des micro-ondes, dont le principe est justement à l’origine de l’extension aux lasers. Il obtint d’ailleurs le prix nobel pour ses travaux dans le domaine. La classe quand même !

La revue

Ne craignez rien, ce livre ne va pas vous perdre dans d’innombrables informations incompréhensibles sur les lasers. Non, les auteurs sont bien meilleurs que cela. Ils arrivent, à travers le premier chapitre, à reprendre depuis le début ce dont il s’agit : qu’est ce que la lumière, qu’est ce qui différencie un laser de la lumière “courante”, comment est-ce qu’il marche, etc. Tout ceci est parsemé de rappels historiques, de schémas très clairs et de quelques formules histoire de contenter les plus physiciens d’entre nous. Ceci forme une base parfaite et indispensable pour poursuivre la lecture et découvrir les applications des lasers, mais aussi certains des aspects les plus étonnants et incroyables de certaines d’entre elles.

On apprend par exemple qu’il existe des lasers de toute sorte : solides (en rubis pour les plus connus), liquides à colorants ou à gaz avec, bien sûr, des usages extrèmement différents. Ces lasers peuvent aussi varier de manière très forte en ce qui concerne leur taille : de ceux de plusieurs mètres que l’on trouve par exemple à Bordeaux pour la fusion, ou aussi petit qu’un brin d’ADN. On découvre aussi que les lasers sont un peu de toutes les couleurs, du rouge classique au bleu des blu-ray voire à l’infra-rouge ou à l’ultraviolet.

On peut aussi se demander : à quoi peut bien servir un laser si ce n’est mettre un peu d’ambiance dans les soirées arrosées du samedi soir dans des boîtes de nuits surchauffées où reigne, parfois, les musiques syncopées et les surplus d’hormones de nos jeunes en quête d’un peu d’amour? Hum.

Dans l’industrie par exemple on peu les retrouver pour la découpe précise de matériaux comme pour l’horlogerie de précision avec la découpe de ces pièces minuscules et magnifiques des montres suisses d’exception. On en retrouve bien sûr dans les fibres optiques qui vous permettent d’accéder aux contenus fantastiques que ce podcast cherche à vous mettre à disposition. On les utilise en médecine pour divers usages : correction de myopie, épilation définitive (j’ai d’ailleurs failli choisir une quote en rapport, mais je trouvais finalement cela un peu déplacé), cautérisation de vaisseaux sanguins, traitement de gencives, destruction de calculs rénaux, etc. Si vous êtes dans le batîment vous utilisez des lasers pour mesurer des distances de manière précise, et si vous êtes dans les forces de police, vous en utiliserez pour mesurer la vitesses des automobiles sur les routes.

On pourrait croire, décrit comme cela, que les auteurs ne font que survoler les différents sujets, mais pas du tout. Après avoir présenté l’ensemble des applications potentielles, ils vont entrer dans le détail de certaines d’entre elles afin d’en expliquer les tenants et les aboutissants.

On apprend par exemple les différents usages des lasers dans la communication : le principe de fonctionnement des fibres optiques qui servent de support à l’Internet mondial, l’usage de différents types de laser pour la lecture des supports optiques comme le CD, le DVD ou encore le Blu-ray. On découvre aussi, ou re-découvre pour ceux qui avaient écouté l’épisode 62 de Podcastscience intitulé “La géologie pour sauver des vies”, les LIDAR, l’équivalent des radars mais dans le domaine optique, notamment utilisés pour l’analyse de polluants dans l’atmosphère ou pour l’analyse précise de la topographie de terrains.

Autre usage tout aussi incroyable des lasers que j’avais découvert il y a quelques années : avec des impulsions ultra-courtes, on peut observer des phénomènes ultra-brefs comme les réactions chimiques par exemple. De la même manière, ces impulsions ultra-brèves permettent de réaliser l’ablation de surface de matériaux ou encore de faire de la chirurgie optique qui ne détruira pas les tissus. On a d’ailleurs vu très récemment le télescope Alma annoncer changer d’horloge atomique et passer à l’utilisation d’un maser à hydrogène afin d’être encore plus stable et plus précis dans le temps et de pouvoir créer un radiotélescope par interférométrie aussi grand que la Terre ! Truc de ouf malade quoi.

Sans parler de l’usage qui est fait de laser sous terre afin de mesurer des distances de manière ultra-précise dans le but de détecter des ondes gravitationnelles comme pour l’expérience franco-italienne Virgo.

J’ai enfin découvert dans ce livre que les lasers peuvent refroidir ! En effet, en créant des ondes stationnaires, on arrive à arrêter des atomes, et donc les refroidir ! On piège ainsi les atomes, ce qui permet de réaliser diverses expériences et notamment la création de condensat de Bose-Einstein.

En conclusion

J’ai été assez impressionné par ce livre à vrai dire : il arrive à aborder des sujets qui sont théoriquement assez avancés sans trop perdre le lecteur tout en présentant tout un tas d’applications les plus facinantes les unes que les autres. Il y a quand même quelques équations et parfois il est nécessaire de se creuser un peu la tête pour tout comprendre. Ceci n’empêche pas, malgré tout, de pouvoir sauter ces passages pour aller aux éléments essentiels.

Il y a aussi, comme je l’ai expliqué un grand nombre d’applications qui sont présentées, et pour chacune, les auteurs décrivent les aspects théoriques autant que les usages dans ces domaines d’applications. Pour ceux qui ont des inclinations particulières pour certains domaines, ils pourront trouver pléthores d’exemples dans ceux qui les intéressent.

Autre point intéressant : ce livre est en couleurs, et étant abondamment illustré, on est à l’aise avec les illustrations, les croquis et les schémas pour comprendre les descriptions données et mieux intégrer les concepts et applications présentés.

Un livre qui n’a rien à voir

Star Trek - L'histoire non officielle de toute la saga intergalactique. Crédit : goodreads. http://goo.gl/b16wOi
Star Trek - L'histoire non officielle de toute la saga intergalactique. Crédit : goodreads. http://goo.gl/b16wOi

Pour ceux qui ne le savent pas, je suis un trekkie. Pour les autres, ben vous le savez déjà. Un trekkie, pour ceux qui ne connaissent pas le principe c’est un fan de star trek. Et pas de star wars. Ne confondons pas tout s’il vous plaît. Vous être vraiment impossibles ! Les fan de star wars sont justes des gens qui n’ont pas de vie sociale. Ceux de star trek sont … bon, donc! Le livre dont je voulais vous parler aujourd’hui est “Star Trek - L'histoire non officielle de toute la saga intergalactique”.

Cet ouvrage très bien illustré alterne récits historiques, anecdotes et témoignages divers et variés, de fans pour la plupart mais cela va de responsables de fanzine dédiées à star trek jusqu’à des astronautes qui sont vraiment alés dans l’espace. Il présente d’ailleurs une histoire pas si rose finalement : faite d’égo démesurés, de luttes d’influence, de tractations étranges, la vie des médias quoi. L’envers du décor d’un phénomène qui émerveilla depuis plus de quarante ans et qui fut précurseur dans bien des domaines : la légende veut ainsi que les communicateurs de Star Trek soient les ancêtres de nos téléphones portables.

Je crois que ce que décrit bien le livre c’est aussi la vision de Gene Rodenberry de la science et des interactions entre humains. Malgré toutes les choses que l’on peut dire sur cet homme, il a su montrer un monde où la science apporte une vision positive et où le racisme n’a pas sa place (il s’agissait du premier “show” avec un personnage principal qui était une femme noire). En tout cas, si vous êtes un trekkie comme moi, ruez-vous sur ce livre où vous apprendrez plein de choses sur votre série préférée !

Un livre que j’aimerais lire

L'âge du capitaine. Crédit : goodreads. http://goo.gl/6CxJfq
L'âge du capitaine. Crédit : goodreads. http://goo.gl/6CxJfq

Bon, des livres que j’aimerais lire, il y en a plein. Je vais vous parler aujourd’hui d’un livre que j’ai découvert, je ne sais plus comment, et qui se trouve être dans la même veine de celui que je vous ai présenté lors du précédent épisode. Il s’agit de “L’âge du capitaine” de Stella Baruk.

L’idée qu’elle défend dans ce livre me semble tout à fait indispensable à inculquer à quiconque se trouvant impliqué dans l’enseignement de nos petits banbins (parents-élèves-professeurs) : il n’est pas nécessaire de stigmatiser l’erreur à l’école et notamment en mathématiques, mais plutôt (et c’est quelque chose de plus large que pour les mathématiques) de l’analyser afin d’en tirer des leçons afin de ne pas les reproduire et d’arriver à donner du sens à ce que l’on apprend à l’école. Le titre de ce livre “L’âge du capitaine” s’entend comme la question ultime de tout énoncé sans aucun sens du type “J’ai dix poules, le filet du pêcheur remonte trois poissons : quel est l’âge du capitaine?” en face duquel les enfants ont parfois l’impression de se retrouver si le sens est perdu en route.

Stella Baruk est professeur de mathématiques, et défend depuis quelques années cet état de fait : les mathématiques sont utilisées pour noter, et leur enseignement est ainsi perçu comme une certaine violence. De plus, les termes utilisées en mathématiques sont parfois utilisés dans un sens autre/différent par rapport au langage courant, renforçant les mécompréhensions que certains élèves pourraient avoir.

Il me semble qu’il est indispensable de comprendre cela pour que les mathématiques, qui sont omniprésentes dans notre monde d’aujourd’hui, puissent redevenir un outil à l’usage du citoyen, et non plus juste un moyen de l’évaluer et de le plonger dans la médiocrité.

Ouais, c’est mon quart d’heure militant, mais vous l’aurez compris, un livre que j’aimerais lire !

Quote

Cette citation est du baron Robert Winston, médecin, scientifique et homme politique anglais :

Nearly all inventions are not recognised for their positive side either when they're made. So, for example, scientists didn't go out to design a CD machine: they designed a laser. But we got all sorts of things from a laser which we never remotely imagined, and we're still finding things for a laser to do.

Robert Winston

Plugs et liens évoqués

Conclusion

En tout cas que vous ayez aimé ou pas, surtout, ne restez pas devant le tour de France. Exprimez-vous à travers des courriers, des commentaires sur le blog, des likes sur Facebook, des tweets, des retweets, des chewing-gums californiens ou envoyez-moi l’oeuvre complète de Monsieur Simon Singh si jamais elle ne vous sert que de brouillon quand vous avez des idées qui vous passent par la tête.

Vous pouvez retrouver LisezLaScience sur son site web http://lisezlascience.wordpress.com sur lequel vous pouvez me contacter et commenter les épisodes. Vous pouvez aussi me contacter sur twitter sur @LisezLaScience et le podcast est accessible sur podcloud, sur podcastfrance (http://podcastfrance.fr/podcast-lisez-la-science) et aussi sur l’antenne de podradio.

Vous pouvez aussi m’envoyer des e-mails à lisezlascience@gmail.com. Je ne fais pas encore les fax, mais si vraiment c’est la seule chose que vous pouvez faire, je vous donnerais un numéro !

Vous pouvez d’ailleurs retrouver l’ensemble des livres cités sur la liste goodreads associée à ce podcast sur le compte de LisezLaScience. Les livres seront placés sur des “étagères” spécifiques par épisode et ceux de celui-ci sont sur l’étagère “lls-6”.

Prochain épisode

On se retrouve le 03/08/2014 pour un nouvel épisode sur le livre de Michel de Pracontal : “L’imposture scientifique en 10 leçons’”.

D’ici là bonne quinzaine à toutes et à tous.

Les références des livres évoqués


  • Laser : 50 ans de découvertes

    • ISBN : 2759805174 (ISBN13 : 9782759805174)

    • Auteur : Fabien Bretenaker, Nicolas Treps, Michèle Leduc, Emmanuel Rosencher, Charles-H Townes (Préface)

    • Nombre de pages : 179 pages

    • Date de parution : 30/04/2010 chez EDP Sciences

    • Prix : 20 € chez Amazon



  • Star Trek - L'histoire non officielle de toute la saga intergalactique

    • ISBN : 2258103800 (ISBN13 : 978-2258103801)

    • Auteur : Robert Greenberger

    • Nombre de pages : 256 pages

    • Date de parution : 17/10/2013 chez Hors Collection

    • Prix : 29,90 € chez Amazon ou la Fnac



  • L’âge du capitaine

    • ISBN : 2020183013 (ISBN13 : 978-2020183017)

    • Auteur : Stella Baruk

    • Nombre de pages : 355 pages

    • Date de parution : 01/01/1998 chez le Seuil

    • Prix : 8,10 € chez Amazon ou la Fnac



Vous pouvez retrouver la liste des livres dans goodreads à l’adresse suivante : https://www.goodreads.com/review/list/30797714-lisezlascience?shelf=lls-6